Le Moulleau et la forêt usagère

CH 6

INDEX

Ch.7 Pyla-sur-Mer, ce n’est plus…
comme avant !

Premier tome : La ville sous les pins, origines et développement
Un livre de Raphaël Vialard (publication limitée – commande par souscription)
Commander le livre ou contacter l’auteur

Le père tranquille et Expansion du Pyla

CH 8

INDEX

Ch.7 Pyla-sur-Mer, ce n’est plus…
comme avant !

Premier tome : La ville sous les pins, origines et développement
Un livre de Raphaël Vialard (publication limitée – commande par souscription)
Commander le livre ou contacter l’auteur

 TRANSPORTS AU PYLA 

 Un tramway nommé Désir

Tramway d’Arcachon à la Pointe Sud

Le premier projet de tramways dont il est question, en 1880, émane de M. Hostein. Il comprend un tracé allant de La-Teste à Arcachon et Moulleau avec prolongement jusqu’à la pointe du Sud.

À cause de la traversée de nombreuses dunes, le tracé Hostein a l’inconvénient d’être très onéreux.

Un nouveau projet va de La-Teste à Cazaux, puis, par une voie Decauville, longe le lac jusqu’à Maubruc et traverse une seule dune pour rejoindre l’Océan par la grande lette, à la limite du département. On y trouve tout avantage avec la traversée de la forêt usagère avec son caractère sauvage et ses arbres séculaires, le lac dans toute la beauté de son étendue L’Avenir d’Arcachon du 25 janvier 1891..

M. Chapat attend, depuis 1882, que concession lui soit faite Son courrier adressé au Maire d’Arcachon, fin 1890 ; paru dans l’Avenir d’Arcachon du 23 novembre 1890.. Son projet reçoit un avis favorable du Conseil municipal d’Arcachon, le 26 août 1886.

Fin 1890, la Sté Decauville est en pourparlers avec la Cie Chapat car elle souhaite récupérer sa concession. Elle entrevoit d’utiliser l’électricité à la place de la traction animale prévue. En 1891, on en est encore à discuter du choix de la traction : l’électricité est éliminée faute de source d’approvisionnement, la vapeur est préférée à l’animal : ceux qui comptaient sur la mine de houille blanche de la chute de la Hume en sont pour leurs frais D’après L’Avenir d’Arcachon du 15 février 1891. ! On discute aussi de la largeur des voies ; que choisir, les 75 cm préconisés au cahier des charges, ou 60 cm prônés par Decauville ?

En 1892, le projet s’appelle « Syndicat des Chemins de fer sur Routes » (ce ne serait qu’un article réclame lancé par MM. Chapat et Cie, pour obtenir la concession de la ligne L’Avenir d’Arcachon du 28 avril 1892.).

M. Decauville renonce à ce projet le 30 décembre 1892.

Un nouveau projet est présenté par la Société Immobilière d’Arcachon ; il est suivi d’une première enquête d’utilité publique du 14 février au 18 mars 1893.

Le 9 août 1894, une demande de concession est présentée au Conseil général de la Gironde ; elle est suivie d’une deuxième enquête du 1er au 30 décembre 1894.

En janvier 1895, la commission d’enquête piétine : M. Oscar Moureau, de La-Teste, ne partage pas l’avis de son Maire ; non seulement il n’entrevoit pas les avantages que prévoit M. Mouliets, mais au contraire, il craint que le tramway du Sabloney ne serve d’amorce à une ligne plus étendue qui, parcourant toutes les forêts du littoral, absorberait tout le trafic des voyageurs, des bois et des résines au seul profit d’Arcachon devenu tête de ligne.

M. Bernardbeig ne croit pas que le tramway, où qu’il aille, puisse jamais accaparer le trafic des marchandises retirées de la forêt, et nuise en quoi que ce soit aux intérêts de la commune de La-Teste, comme le pense M. Moureau D’après L’Avenir d’Arcachon du 27 janvier 1895..

En 1895, M. David Raynal David Raynal(1840-1903), fils d’Isaac Napoléon Raynal et d’Esther-Sophie Rodrigues-Henriques, fut attaché au service du chemin de fer du Midi, et fonda en 1862 à Bordeaux la maison d’armateurs Astruc et Raynal. On retrouve son nom attaché à la vente de la vallée de Pissens. Les 13 & 14 septembre 1898, il eut à combattre en duel Albert Chiché. L’Avenir d’Arcachon du 6 mars 1932. ancien ministre, et propriétaire d’une partie de la forêt du Sabloney, passe une convention avec la Compagnie du Midi pour demander que ce soit elle qui construise et exploite cette voie ferrée qui ne trouvera sur son parcours ni habitants ni voyageurs Selon l’expression de L’Avenir d’Arcachon du 23 décembre 1894..

Le 14 août 1898, la ligne de tramway, à voie de 1 mètre de largeur, à traction mécanique, pour le service des voyageurs et des marchandises, entre Arcachon (gare du chemin de fer du Midi) et le Sabloney est déclarée d’utilité publique Répertoire de la législation des chemins de fer français : réseaux secondaires d’intérêt général, chemins de fer d’intérêt local et tramways, 31 décembre 1900 / Ministère des travaux publics ; Direction des chemins de fer (Division des concessions, 3e bureau), 1901. ; 9 kilomètres 269 m, dont le chemin forestier du Moulleau au Sabloney, sont concédés à MM. H. S. Johnston, G. et F. Samazeuilh, Léon Lesca, Segrestaa, C. Didiot et E.-A. Cazes Ce sont en fait les membres de la Société Immobilière d’Arcachon, filiale de la Compagnie du Midi et concessionnaire de l’éclairage au gaz, puis à l’électricité : son président, Harry Scott Johnston, négociant, demeurant à Bordeaux, sur son domaine de Lescure, 105 boulevard du Tondu ; Joseph Barnabé dit Gustave Samazeuilh, banquier, administrateur de la Compagnie des Chemins de fer du Midi, demeurant à Bordeaux, 60 cours de l’Intendance ; Fernand Samazeuilh, banquier, demeurant à Bordeaux, 6 cours du Jardin-Public ; Léon Lesca, propriétaire, demeurant à Bordeaux, 130 rue du Palais-Gallien ; 1843-1902, Président du tribunal de commerce de Bordeaux, négociant, demeurant à Bordeaux, 25 allées de Chartres ; Charles Didiot, propriétaire, demeurant à Paris, 19 place de la Madeleine ; Édouard Cazes, ingénieur, demeurant à Bordeaux, 37 quai de Bourgogne..

Cette concession sera résiliée le 25 octobre 1904 J. O. du 5 juillet 1905. Samazeuilh et Segrestaa (probablement Jean Henry Maurice + 15-2-1902, Président du tribunal de commerce de Bordeaux) alors décédés..

 Chemin de fer du littoral de Gascogne

Dans sa séance du 24 juin 1899, le Conseil municipal de La-Teste déclare d’intérêt local, le projet de construction d’un railway présenté par M. Clemencey, passant par le Pilat, La Salie et Cazaux.

Ce projet, merveilleusement étudié, conçu avec largeur d’idées, qui légitime une cale d’embarquement à St-Ferdinand, reliera Arcachon à Biscarosse et Mimizan D’après L’Avenir d’Arcachon du 22 octobre 1899 & du 12 mai 1907..

Le 25 avril 1900, M. Clemencey se propose d’emprunter, sur environ 8 600 m, le tramway de Pilat à Arcachon pour aboutir dans cette dernière ville à la gare du Midi.

Le Conseil général de la Gironde désigne trois délégués, MM. Cazauvieilh, Delboy et Veyrier-Montagnères qui se réunissent, le 6 août 1900 à Arcachon, sous la présidence de M. Jumel, député des Landes.

Sur la base de 80 000 tonnes de bois transportées, M. Clemencey s’engage à consentir un prix par tonne et par kilomètre, pour les poteaux de mine et le bois de feu : 0 fr 11 (onze) centimes pour poteaux de mine non écorcés ; 0 fr 14 (quatorze) centimes pour poteaux de mine pelés, et bois de feu ; 0 fr 20 (vingt) centimes maximum pour tous les autres bois et produits quelconques.

Les travaux seront commencés simultanément de Mimizan-gare vers Mimizan-les-Bains, et d’Arcachon vers Mimizan. Ils devront être mis en œuvre dans le courant de l’année qui suivra l’obtention de la concession, et la ligne livrée à l’exploitation dans le délai de trois ans, sauf cas de force majeure.

Le 1er octobre 1904, le Conseil municipal d’Arcachon émet le vœu que le Conseil général de la Gironde accorde, sans subvention ni garantie d’intérêts, la concession demandée par M. Clemencey, de l’établissement d’un Chemin de fer du littoral à voie normale d’Arcachon-Quai à la limite du département soit 26 kilomètres 781.

La ligne aura son origine, à l’angle de la place d’Eyrac, au quai d’embarquement à construire en face des Bains d’Eyrac, suivra le boulevard de la Plage, qu’elle quittera près de l’église St-Ferdinand, entrera en déviation, traversera le boulevard Deganne, suivra le chemin de St-Elme, traversera la ligne du chemin de fer près du passage à niveau, gagnera les Abatilles, se dirigera vers le Pilat, en contournant la Ville d’hiver (halte près la place des Palmiers) et en empruntant presque continuellement la route de Moulleau (haltes aux Abatilles ; au Sanatorium ; au Moulleau), passe aux Figuiers, emprunte la route paillée, court entre la dune de Pissens et la mer, arrive au Pilat (halte n° 5). Il remonte en forêt en s’appuyant sur le versant ouest de la dune de Pissens, passe au lieu-dit la Maison Rouge où se trouvait une cabane de résinier, se dirige sur Dulet, cabane de résinier et quartier de chasse bien connu des veneurs qui poursuivent le sanglier ou le renard (halte Dulet-Frères Conseil n° 6).

Ces résiniers de Dulet, qui vivent dans leur rustique cabane encombrée de meubles anciens authentiques, sont de braves gens qui, de père en fils, depuis 300 ans, sont au service du même propriétaire. La vue qui s’étend autour de vous est d’une intimité accueillante et délicieuse ; une modeste vallée où poussent les pruniers sauvages et les aubépines, une molle incurvation de la dune qu’épouse une forêt de vieux chênes, des coins tapissés d’herbes rases propices au pique-nique D’après L’Avenir d’Arcachon du 6 janvier 1929, et Arcachon, les grands lacs et la forêt, Charles Fegdal, La Semaine à Paris, 22 au 29 novembre 1929..

De là, le tracé court aux Gaillouneys et s’arrête près la maison forestière de l’État (halte des Gaillouneys n° 7). Il coupe le chemin de La-Teste à la Barrique (halte au Bois-Brûlé n° 8). Ici, quittant les bois, qui appartiennent à des particuliers, il entre dans les forêts de l’État, coupe le long garde-feu de la Barrique et vient faire halte à la Salie n° 9. Dès lors, il suit le garde-feu central jusqu’à Lous Lamanch (dernière halte n° 10), limite du département de la Gironde.

Cette ligne doit plus tard se souder à la ligne concédée par le Conseil général des Landes, à MM. Ortal et Cie, de Mimizan à Biscarosse D’après L’Avenir d’Arcachon du 16 octobre 1904 & du 21 mai 1905..

L’utilisation du tramway de Pilat à Arcachon par M. Clemencey nous semble difficilement réalisable parce que ce tramway, destiné surtout au transport des voyageurs, est construit avec des rails de 12 kilogrammes au mètre courant, tandis que pour les lourds transports (de bois) que se propose de faire M. Clemencey, il faut au moins des rails de 18 kilogrammes, poids qu’il a adopté pour sa ligne.

Un embranchement est prévu sur cette ligne à La Salie pour rejoindre, à Cazaux, la ligne Cazaux-La Teste-de-Buch Rapports et délibérations, Conseil général des Landes, 1900.

L’Avenir d’Arcachon du 24 février 1901, nous apprend qu’une concession de 50 ans a été consentie à M. Lebert, de Paris, pour installer un tramway-électrique reliant La-Teste à Moulleau, au Pilat et à La Salie.

Le 15 juillet 1905, paraît au Journal Officiel la résiliation de la concession allant d’Arcachon au Sabloney.

Dans la nuit du 27 avril 1907, le Maire d’Arcachon entretient son Conseil municipal du projet d’établissement d’un tramway électrique de l’Aiguillon à Moulleau ; le projet du Sabloney tombe définitivement à l’eau !

Le 4 août 1911, le tramway est mis en service de l’Aiguillon jusqu’au Moulleau ; cette ligne a été précédée par une installation Decauville à traction hippomobile.

À compter du 26 mai 1912, dimanche de Pentecôte, un service de voitures à 30 centimes la place, fonctionne entre Moulleau et l’Éden de la Côte d’Argent.

En avril 1926, aux Abatilles, au Moulleau, à Pyla-sur-Mer on ne reçoit pas avant onze heures les journaux arrivant à Arcachon par le premier train.

Pourquoi !

Parce que le tramway refuse de se charger du léger paquet destiné aux marchands L’Avenir d’Arcachon du 25 avril 1926..

Le tramway d’Arcachon au Moulleau devient gênant pour la circulation des automobiles et les accrochages se multiplient. Lors de la séance du Conseil général de la Gironde du 30 octobre 1928, il est proposé son déclassement pour le remplacer par un moyen plus moderne de locomotion.

Le tramway est supprimé On peut remarquer à l’intérieur de la résidence située au 15 boulevard de La Côte d’Argent à Arcachon, l’unique vestige du tramway d’Arcachon allant de l’Aiguillon au Moulleau un pylône ! le 1er septembre 1932.

Il est demandé, au département de s’engager à créer un service d’autobus, beaucoup plus souple, qui desservira les quartiers de Pyla, du Moulleau et de l’Aiguillon.

Un GMC K 101 fait tout d’abord l’affaire L’Encyclopédie Dykes Auto de 1923 répertorie le K101 comme un 5 tonnes, moteur GMC à carburateur Marvel, magnéto Simms, générateur Remy, embrayage et transmission GMC. Essieu avant & arrière Timken 6760, roues Dayton, 36x5 avant, 40x12 arrière. « Les Enfants terribles » disposent de sa photo..

Le service d’Arcachon vers Pyla-sur-Mer est dès lors entièrement assuré par plusieurs sociétés ; les divers autocars appartiennent aux associés Massey-Lescou, aux associés Paroy-Bonnefon, et à M. Pigeon, lequel possède la société STAM (Société de Transport Auxiliaires de la compagnie des chemins de fer du Midi), dont les élégants autobus blancs et bleus, à deux classes assurent la desserte de Pyla-sur-Mer à tous les trains.

En 1932, l’avenue Louis Garros étant terminée on demande qu’elle soit affectée en sens unique au retour des autobus du Pyla D’après L’Avenir d’Arcachon du 11 septembre 1932..

En 1947, après quelques mois d’âpre concurrence, les divers entrepreneurs finissent par former la Société des Autobus d’Arcachon qui reste la propriété des MM. Paroy et Bonnefon. Dès 1948, elle met en service sept autocars, dont quatre
« Isobloc Ancienne marque française d’autocars, fondée par le carrossier ardéchois Joseph Besset au cours des années 1930. Les cars sont issus de la licence de la firme américaine Gar Wood, détentrice de solutions innovantes en matière d’architecture. Avec sa structure autoportante et son moteur arrière, la technique que Besset industrialise est révolutionnaire. ».

Aujourd’hui, les Autobus d’Arcachon, sont propriété de Kéolis, une filiale de la SNCF Croquis du Bassin, Jean Dubroca, 2014.. À nouveau sur les rails ?

 Tramway de La-Teste au Pyla

Tramway de la dune de Pissens

Initialement, pour relier La-Teste au Pilat, il n’est pas question d’une route mais d’un tramway.

Le projet porté par MM. Labrasse, Lamy et Lainé, lors de l’élaboration du lotissement « l’Éden de la Côte d’Argent », consiste à installer un tramway Decauville. Celui-ci doit partir de la gare de La-Teste, passer à l’église, au pont de la Craste-Douce, suivant en droite ligne la voie en forêt dite route de Pissens et du Pilat, sur une longueur de trois kilomètres, traversera la station projetée sur une longueur de 2 kilomètres pour aboutir à la « Rampe du Sud Voir le plan du lotissement de « l’Éden de la Côte d’Argent ».« , terminus de la ligne ; il rejoindrait, plus tard, la Maison forestière du Pilat sur un parcours d’un kilomètre ; en tout, six kilomètres de la gare de La-Teste à la plage du Pilat. Ce tramway serait à traction chevaline avec probablement un chemin paillé en bordure.

Si ce projet se réalise, ceci amènerait plus tard le bouclement de la boucle, « looping the loop », c’est-à-dire la possibilité de faire en tramway le parcours d’Arcachon à Moulleau, le Figuier, Pissens, Le Pilat, La-Teste et retour à Arcachon ; un beau rêve peut-être L’Avenir d’Arcachon du 31 mars 1912. !

Sagement, le 3 juin 1916, le Conseil municipal de La-Teste décide de renvoyer après la guerre l’étude du projet.

Le tramway de La-Teste au Figuier

La guerre finie, M. Meller remet l’affaire sur le tapis en 1919. Le 23 décembre, sa lettre est lue devant le Conseil municipal.

En 1917, il avait établi un projet de route, il s’était mis également en rapport avec la Compagnie du Midi pour qu’elle pousse sa voie ferrée jusqu’au Pyla. Présentement ce qu’il demande, c’est une subvention pour lancer à la fois le tramway et la route. Deux conseillers, MM. Gassian et Lesca, signalent la tendance de sa société à vouloir empêcher l’accès à la mer et demandent que la commune exige l’aboutissement à la plage de toutes les routes venant de La-Teste.

En juin 1920, M. Meller estime que le tramway devra être construit avant la route pour faciliter le transport des matériaux nécessaires à celle-ci. La subvention demandée pour le tramway est de l’ordre de 400 000 francs ; quant aux dépenses qu’entraînera la construction de la route, elles seront à partager entre sa société et la commune. Il fait remarquer que l’urbanisation du Pilat procurera des avantages financiers à La-Teste et que l’estacade qu’il entend construire pourra être utilisée par les marins pêcheurs.

Par délibération du 12 juin 1920, le Conseil municipal de La-Teste émet un avis favorable, et accorde, à la Société anonyme de Pyla-sur-Mer, le transfert de la concession éventuelle du tramway de La-Teste au Figuier et, le 17 juin, l’avant-projet d’établissement de ce tramway est transmis au préfet pour être présenté au Conseil général.

Le 12 novembre 1921, le Conseil municipal renverse la vapeur : il estime ne pouvoir accorder la concession du tramway qu’à titre communal et d’intérêt local.

Le 7 février 1922, Daniel Meller demande une indemnité de 6 506 francs, représentant le coût de l’avant-projet de son tramway ; il est vertement rabroué… mais sollicitera de nouveau la concession d’un tramway en 1924 : la prolongation de la ligne du tram du Moulleau jusqu’au Figuier refait surface, avec bifurcation du chemin de fer électrifié de La-Teste à la Pergola L’Avenir d’Arcachon du 19 octobre 1924..

Le 23 juin 1924, le Conseil municipal se déclare favorable sous les conditions suivantes :

– versement dans la caisse communale du montant intégral des travaux.

– versement d’une somme à fixer à dire d’expert pour la garantie de l’exploitation pendant la durée de la concession.

Aucune suite n’est donnée… ; il ne sera plus question que de la route reliant La-Teste au Pyla Pyla raconté par Jacques Ragot..

 STRUCTURATION DU PYLA 

 La Guerre de sécession

En 1856, le docteur François-Auguste Lalesque, faisant une subtile distinction entre le religieux et le civil, propose, la paroisse d’Arcachon, restant limitée comme elle l’est aujourd’hui, que le territoire de la nouvelle commune soit enfermée entre une ligne partant de la pointe de l’Aiguillon, passant par le four à chaux de Cravey Le four à chaux figure sur le plan du port de La-Teste, Ponts & Chaussées, 1838. (Archives Nationales). Le four à chaux est situé en bordure de l’estey. Il utilise les coquilles d’huîtres des gisements naturels ou les pierres calcaires acheminées par la voie maritime. Elles sont brûlées dans le four, alimenté par du bois. – c’est-à-dire au Lapin blanc –, touchant et comprenant la maison forestière du Moulleau – le Figuier –, suivant la rive du bassin, jusqu’à la pointe du Sud, allant le long de l’Océan, jusqu’au phare mitoyen des deux communes, sautant de là à la pointe de Bernet et se rendant à son point de départ tout le long du rivage à mer basse du bassin d’Arcachon.

La ligne de partage fut finalement décidée par un trait de plume entre la pointe de l’Aiguillon et le poste de douane du Moulleau où le terrain fut borné.

En 1904, alors qu’il est envisagé d’ériger Arcachon en canton (et même, n’est-il pas permis de rêver, en sous-préfecture !), le Pilat devant devenir un centre important serait érigé en commune (ce faisant en prévoyant uniquement l’avenir) et la Pointe du Sud deviendrait plage select comme Royan et Pontaillac Brin de Causette, L’Avenir d’Arcachon, 16 octobre 1904..

Le 13 août 1909, M. le Maire informe le Conseil municipal de La-Teste que son collègue d’Arcachon l’a convié à une entrevue Accompagné de MM. Turpin et Sémiac, adjoints, et Bossuet, Conseiller municipal de l’Aiguillon. M. Veyrier-Montagnères, maire, et quelques membres de son Conseil municipal représentent Arcachon. au sujet du projet d’agrandissement de cette commune sur le territoire de La-Teste.

Pour l’agrandissement d’Arcachon, un tracé est fait en double exemplaire (il figure dans les Archives de la Mairie). Il comprend, comme nouvelle limite proposée, une ligne partant de la pointe de l’Aiguillon rejoignant sur la lisière de la forêt, la Maison en ruines dite du Juge et remontant de là jusqu’au Figuier D’après L’Agrandissement d’Arcachon, Albert de Ricaudy, L’Avenir d’Arcachon du 5 octobre 1924..

Le Conseil municipal en prend acte.

Le 19 février 1911, ce sujet sensible est à nouveau à l’ordre du jour des délibérations testerines.

Le 17 mars 1912, Edmond Le Taillandier de Gabory, rédacteur en chef de L’Avenir d’Arcachon suggère que Pilat devienne une commune annexe du canton d’Arcachon.

En 1924, animé de l’esprit de conquête, le maire d’Arcachon veut annexer Pyla-sur-Mer et le Lapin blanc Trois guerres, Albert Chiché, L’Avenir d’Arcachon du 7 septembre 1924..

Notre charité chrétienne ne va pas jusqu’à vouloir favoriser la vieille souche dont Arcachon est issu. […] La-Teste se mutilerait encore afin que notre ligne séparative partit de la pointe de l’Aiguillon, passât à l’abattoir et allât rejoindre la pointe du Sud. Ce beau rêve nous a tous mis l’eau à la bouche… L’Avenir d’Arcachon du 15 juin 1924.

Ce projet a fait l’objet, autrefois, de plusieurs réunions entre conseillers municipaux des communes intéressées.

Albert de Ricaudy, qui va se faire le fervent porte-parole des « extensionnistes », appuie « ses » élus : « Cette route – du Moulleau – relie notre territoire [Arcachon] habité et voisin du rivage avec celui contigu et en train de se couvrir de construction de Pyla-sur-Mer, lequel ne dispose d’aucune autre voie d’accès.

Non seulement content d’approuver le refus de participer à l’entretien de la voie d’accès du lotissement de Pyla-sur-Mer… et de saluer 1’intervention d’un conseiller [qui se hâta] de mettre sur le tapis la question de l’agrandissement et proposa de réveiller de sa torpeur la Commission prévue en 1912, Albert de Ricaudy prit sa plus belle plume pour lancer une campagne « pour souffler sur le feu », dans l’hebdomadaire L’Avenir d’Arcachon, dans La Petite Gironde, la Liberté du Sud-Ouest et la Vigie !

Des influences, dont il est facile de deviner l’origine, souligne Ricaudy, fermèrent les colonnes de certains journaux. Il n’empêche.

Le 29 août 1924, le Conseil municipa1 d’Arcachon se réunissait, conformément à la promesse du maire Ramon Bon. Monsieur Jaumard Marie Dominique André Jaumard 1868-1926, Directeur des Charbonnages. Époux de Mlle Lartigue dont il eut quatre enfants. Voir sa nécrologie. <P
1er adjoint, rapporteur, demande au Conseil de solliciter Monsieur le préfet pour ouvrir une enquête sur le projet d’extension du territoire d’Arcachon. Monsieur Jaumard rappelle que les commissions intercommunales chargées de cette question n’ont jamais abouti. Monsieur Bon, maire, MM. Fayet et Fargeaudoux signalent les inconvénients résultant de la confusion des limites territoriales à la pointe de l’Aiguillon.

Cette station naissante, cette station sœur, si l’on peut s’exprimer ainsi, est donc matériellement (comme moralement, du reste), la continuation immédiate d’Arcachon. Si la courbure de l’Aiguillon représente, par exemple, notre oreille, l’appendice du Pyla figure notre nez. Or, la limite actuelle nous coupe le nez, après nous avoir fendu l’oreille ! Bien au contraire, Pyla et La-Teste, non seulement ne se touchent pas, mais se séparent par quatre kilomètres de forêts et de dunes et un abîme de mentalité.

Cette situation fait tomber sous le sens que notre mutilation doit prendre fin, que tout l’Aiguillon, le Moulleau et Pyla-sur-Mer doivent nous être réunis. Ériger cette dernière localité en commune distincte, comme il en a été question follement, car elle compte à peine dix habitants sédentaires, ce serait créer inutilement trois communes, dont deux admirablement faites pour s’entendre, quand il est si naturel et si simple d’en constituer une très puissante de ces deux dernières.[…]

À l’unanimité, le Conseil, désireux de voir élucider et trancher, conformément à l’article 3 de la loi du 5 avril 1884, la question d’extension du territoire d’Arcachon dans les conditions que l’enquête et les avis recueillis démontreront les plus favorables, prie M. le Préfet de vouloir bien ouvrir ladite enquête et constituer le dossier qui devra suivre la marche légale, s’engageant à fournir, à cet effet, tous les plans et documents nécessaires.

Ainsi, avec l’adoption du projet d’extension, les Arcachonnais cesseraient d’entretenir des Testerins qui sont desservis par leur bureau des Postes et télégraphes, leur énergie électrique, leurs écoles, églises, bornes fontaines, canalisations d’eau, services médicaux, pharmaceutiques, de désinfection, tout y passe… ; ces Testerins d’Arcachon font partie de nos sociétés, prennent part à nos distractions, à nos jeux, à nos fêtes, bref partagent notre vie et, cependant votent et payent leurs impôts, tout là-bas, à La-Teste, qui ne leur fournit rien ou presque rien. Il y a 49 familles dans ce cas à l’Aiguillon, 16 au Moulleau et une dizaine dans la plaine ; 80 au Pyla devraient se trouver dans les mêmes conditions, car tout y était préparé pour y raccorder également les divers services avec ceux d’Arcachon.

Serait enfin totalement acquis le lotissement de Bellevue, en train de remplir le vide qui existait encore, à l’est, entre Arcachon et le Moulleau et qui est si bêtement coupé en deux par la ligne séparative actuelle qu’une de ses charmantes villas […] a sa salle à manger sur Arcachon et sa cuisine sur La-Teste et sûrement, plus tard, pour une autre Située au 266 boulevard de la Côte d’Argent. l’inverse ! ».

Après avoir pris connaissance de la délibération arcachonnaise, la Préfecture fit demander au maire, M. Ramon Bon, un plan des limites revendiquées. Le service de la voirie (direction des Travaux) exécuta ce plan, de manière à faire comprendre […] la disproportion entre les deux communes et l’immense étendue de terrain qui resterait encore à La-Teste.

En janvier 1925, ce plan – paru dans la revue « Grand Tourisme » – n’est pas parvenu à la Préfecture Il y a 80 ans, Arcachon s’intéresse au Pilat, Michel Boyé, SHAAPB, 2004. !

En 1927, la question d’une commune Moulleau-Pyla se pose à nouveau. […] Le Moulleau et Pyla-sur-Mer forment deux importantes agglomérations voisines. L’une fait partie d’Arcachon, l’autre de La-Teste, toutes deux distantes de plusieurs kilomètres de leur mairie respective.

Le remède découle de ces deux constatations : il faut créer, en unissant le Moulleau et Pyla-sur-Mer, une commune distincte qui prendrait le nom de Moulleau-Pyla. […]

Quel préjudice en subirions-nous ? se demandent les Arcachonnais. Aucun, car si nous perdions les recettes du Moulleau, nous serions dispensés, en même temps, des dépenses correspondantes. De même qu’Arcachon s’est séparé jadis de La-Teste, les stations telles que le Moulleau, Pyla-sur-Mer et le cap Ferret sont appelées à devenir des communes indépendantes. Donnons-leur de suite la liberté ; c’est leur intérêt et le nôtre bien compris. Les colonies ont une tendance bien naturelle à secouer le joug de la métropole. On peut y faire obstacle pendant un certain temps ; l’empêcher indéfiniment est impossible. Élevons-nous donc au-dessus d’un égoïsme mesquin et concédons bénévolement ce qui nous sera fatalement arraché un jour.

Ou encore, l’année suivante, il se dit qu’on construit de plus en plus à Moulleau. […] Il en est même à Bellevue et à Pyla-sur-Mer, fief des Rothschild ; aussi parle-t-on de faire, de ces trois quartiers aristocratiques, une commune indépendante de La-Teste et d’Arcachon L’Avenir d’Arcachon des 30 janvier & 24 avril 1927, 14 octobre 1928..

Le temps passe…

Le 9 mars 1952, les membres des comités du Syndicat de défense des intérêts généraux des quartiers de Pyla-sur-Mer, Pilat-Plage, Bellevue et S.I.C.A., décident de reprendre la grave et seule mesure de garantir leur avenir : obtenir la séparation d’une commune qui n’a jamais cessé de les négliger.

Cette action avait déjà été ébauchée en 1938 et interrompue par la guerre, à un moment où venaient d’être reconnus les avantages de leur rattachement à la ville d’Arcachon.

Quelles sont donc les raisons de cette volonté renouvelée de séparation de la commune de La-Teste ?

Serait-ce l’indifférence complète de cette commune à l’égard des lotissements (pour exemple, le lotissement des Pêcheries de l’Océan, dont l’aménagement devait être entrepris dès 1924 ! ou l’exploitation incessante des lotis par une commune qui ne les connaît que pour en retirer d’inépuisables profits ?

L’action sera encore reprise en 1966 par l’Association des propriétaires de Pyla non riverains de la mer Pyla-sur-Mer, Jacques Clémens, 2006..

Seule entorse au tracé rectiligne qui sépare Arcachon du Pyla, tenant compte des divisions parcellaires, la limite communale fait l’objet d’une rectification de frontière en 1957, dans le lotissement des Abatilles.

 Les premiers projets structurants

Quatre lotissements majeurs, voient le jour durant l’entre-deux-guerres :

– Bellevue ;

– Pyla-sur-Mer ;

– Pilat-Plage ;

– le Domaine de la Forêt (S.I.C.A.)

Ces lotissements constituent le socle du paysage urbain que nous connaissons aujourd’hui.

Bellevue

L’idée de mise en valeur des terrains avoisinants la mer, entre Moulleau et le Pilat, ne se borne pas à l’innovation de l’Éden.

En 1911, les mêmes promoteurs, Labrasse, Lamy et Lainé, lotissent une autre portion de terrains qu’ils nomment Bellevue (Abatilles) à cheval sur les communes d’Arcachon et de La-Teste.

 Bellevue, projet initial

Pour en décrire sommairement le plan, nous dirons que quiconque suit la route et le tramway d’Arcachon à Moulleau peut remarquer, sur main gauche, immédiatement après le Sanatorium, une route gravée par feu le docteur Lalanne, et qui s’appelle rue Coste.

D’après ce projet, la rue Coste (aujourd’hui rue Henri de Régnier, au Moulleau), considérée verticalement, aboutirait en face d’une vaste place carrée à une large voie horizontale qui s’appellera boulevard du docteur Louis Lalanne.

À l’est, et parallèlement à la rue Coste, sera tracé le boulevard Martin Lestout (n’a pas été réalisé), coupé en son plein centre par une place du même nom, à laquelle viennent aboutir l’avenue Alphonse Barlu (n’a pas été réalisée) et l’avenue Pasteur.

Ces deux avenues, dont la dernière s’allonge de la rue des Boïens, de même que le boulevard de La-Teste (av. du Mal Lyautey) et l’avenue de la Mer qui coupent la place Louis Lalanne, et sont, vers l’est, situées en prolongement direct de Notre-Dame-des-Passes ; enfin l’avenue St-François-Xavier qui part de Moulleau ; toutes ces voies, disons-nous, aboutissent à l’avenue de Bellevue qui est une parallèle exacte du garde-feu du Sémaphore.

En un mot, c’est l’exploitation de tous les terrains situés derrière, à droite et à gauche du Sanatorium L’Avenir d’Arcachon du 15 septembre 1912..

Tel est, dans son ensemble et sa totalité, le projet que forme la Société de l’Éden de la Côte d’Argent.

Mais, comme pour l’Éden, sans toutefois l’interrompre, la guerre met des bâtons dans les roues…

 Bellevue, reprise du projet initial

La vie est chère ; c’est avec plaisir que les habitants du Pyla apprennent l’ouverture des Halles centrales de Bellevue (lotissement Bellevue) le 1er août 1924 L’Avenir d’Arcachon du 27 juillet 1924..

Le projet initial de lotissement est repris, en 1925, M. Garnier étant administrateur délégué de la Sté Immobilière du Sud-Ouest, villa « Le Paradou » à Arcachon.

La superficie des terrains du lotissement est de 307 985 m².

Le lotissement, déjà commencé en 1911, ayant déjà fait l’objet de ventes successives, il reste à vendre 247 895 m² dont 46 615 m² réservés aux voies et espaces libres.

Une parcelle de terrain, de 10 000 m² est abandonnée à la ville de La Teste-de-Buch, à titre gracieux ; la commune aura la faculté d’y édifier une maison de garde ou de l’affecter à tel usage qui lui conviendra.

Le projet, présenté par la Société Immobilière du Sud-Ouest, est approuvé par le préfet, le 8 août 1928, sous certaines réserves La Société Immobilière est tenue, en outre, aux obligations suivantes : 1er La voie allant de l’avenue de Bellevue au garde-feu du Sémaphore, depuis la jonction du boulevard de La-Teste et de l’avenue Saint-Françoisx avier sera portée à la largeur de 10 mètres ; 2e La Société ne devra pas faire état des garde-feux pour desservir les lots qu’elle entend créer. En conséquence, elle devra disposer entre l’avenue de Bellevue et le garde-feu, tous les lots, de manière qu’ils aboutissent à 1’avenue de Bellevue ; 3e Les deux égouts à établir sur 1’avenue de la Mer, entre la place Louis Lalanne et l’avenue Montault, et sur l’avenue Saint-François-Xavier, entre le rond-point situé au croisement de l’avenue Saint-François-Xavier avec le boulevard Louis Lalanne et le rond-point Brémontier, jusqu’à leur raccordement avec les égouts du Moulleau seront construits aux frais exclusifs de la Société sans aucune participation des communes. 4e Toutes les voies du lotissement devront être munies de canalisations d’eau potable et de distribution d’énergie électrique tant pour l’éclairage public que privé. Ces canalisations seront établies à la diligence et aux frais de la Société. .

La vente des terrains est autorisée, le 26 octobre 1929, avant l’achèvement des travaux imposés.

Ce lotissement est traversé par le « chemin de l’échine de l’âne ou des chênes verts Du nom de la dune qu’il traverse à mi-chemin, où de la parcelle avec cabane forestière située au pied du flanc est de la dune Didiet. C’est l’actuel chemin rural n° 15. » qui relie La-Teste au Moulleau. La commune pose comme condition que ce chemin reste libre et que sa largeur soit portée à 10 mètres, ce qui fut alors réalisé puisque, dans le Moulleau, ce chemin rural, classé en 1847, se prolonge jusqu’au cœur de la station par une rue.

Le boulevard Louis Lalanne, sert de lien avec le tout nouveau lotissement de Pyla-sur-Mer (que nous verrons plus loin), attenant.

En 1930, les titres de la Sté Immobilière du Sud-Ouest deviennent, par portions égales, la propriété de la Société Pilat-Plage, représentée par M. Gaume, et de la Sté Générale Foncière du Sud-Ouest Statuts déposés chez Me Dentraygues, notaire à Arcachon. dont le siège social est à Paris.

Nous allons avoir pour embellir cet admirable site forestier ceux qui ont fait le miracle de doter Pilat-Plage de villas qui font l’admiration des étrangers, d’un hôtel qui sera ouvert cet été, d’un casino et d’un palace en construction, et surtout d’un conseil d’administration qui a fait ses preuves dans le lancement des grande stations hivernales et estivales. Bien que la présence d’un Gaume dans le lancement d’une affaire de lotissement est une garantie de succès, on parle déjà d’attirer à Bellevue toute une colonie d’artistes : peintres ou écrivains à qui des conditions spéciales seraient consenties pour l’achat des terrains et la construction de studios.

À Bellevue, ce coin exquis où je croyais que mon ermitage du Bidaou n’aurait jamais de voisin, va connaitre, hélas ! la vogue de Moulleau et de Pyla Ça et là, Guy de Pierrefeux, L’Avenir d’Arcachon du 2 mars 1930..

  • À partir de cet instant, le lotissement est poursuivi pratiquement sous la direction de M. Gaume.
  • En 1933, on constate que les travaux d’aménagement imposés sont soit inexistants soit défectueux.
  • Le délai expirant le 15 juillet 1934, les propriétaires lancent une pétition concernant les travaux à effectuer :
  • Le Moulleau, 10 janvier 1934
  • Monsieur le Député Maire de La-Teste
  • Monsieur le Maire,

Les avenues et chemins le long desquels se trouvent déjà construites un nombre important de villas, sont dans un tel état de dégradation, qu’ils deviendraient bientôt impraticables, si leur réfection ou tout au moins leur réparation n’était immédiatement effectuée.

L’écoulement des eaux ayant produit des érosions par suite du manque de canalisations dans les rues, le plus souvent en pente, il est facile de constater sur de nombreux points, que les fondations de ces voies sont à découvert, leur revêtement insuffisant ayant été enlevé par les pluies successives, que des ornières de plus en plus profondes se sont creusées, rendant dès à présent difficile la circulation des véhicules.

Il y aurait lieu également d’envisager l’élargissement de certaines avenues principales, tel que l’a prévu le cahier des charges.

Ne serait-il pas nécessaire aussi, Monsieur le Maire, de se rendre compte de ce que sont devenues les sommes provenant des ventes par annuités, et de leur versement effectif entre les mains du notaire de la Société, ces sommes étant indispensables pour assurer l’exécution des travaux.

Espérant, Monsieur le Maire, … les soussignés F. de la Giroday, propriétaire de la villa Stella Maris, avenue de la Mer, Bellevue ; A. Michun, villas Mya-Hou & Azuréa à Bellevue ; …Leroux, Clair Logis, av. Fr.x avier ; A. Abiet, villa Caprice, villa Silvae Stella ; F. Alfred Brun, propriétaire de la villa Éden, Bellevue, av. Louis Lalanne ; P. P. et M. Bigot Villa Marie Thérèse, avenue de la Mer ; T. de la … ; M. Th. de Pitray & H. de Pitray, La Garenne ; H. de Pitray, avenue Pasteur ; Du…., avenue Louis Lalanne, villa Sunkiss ; R. Joullot, Etche Panam ; J. Blanchet, Les Buissonnets ; Fernand Caffaret, avenue Passteur (sic) ; J. Comblé, villa Maloutka ; Eugène Dulas, villa Chryséïs ; A. Martigne, villa Aziadée ; Huguet Cluzel, villa Graziella ; Menant Pierre, villa René-Paulette ; D. Auschitzky, Le Bidaou ; R. Bosc, villa Raymonde Pierrot ; F. Retant, villa Chouchette ; ?, chalet Lou Grit ; V. Lidove, 2 villas dont villa Thallie ; Challié ; Berger, Le petit Berger ; A. Vaudois, villa Pas sans peine. vous prient d’agréer avec leurs remerciements, l’assurance de leur considération distinguée.

Les signataires, en quelque sorte, ne demandent-ils simplement, àM. le Maire, de se rendre compte de ce que sont devenues les sommes provenant des ventes par annuités ?

Ceci conduit, le14 mai 1934, Me Dentraygues, qui a versé directement des sommes à la Société sans autorisation, à se faire remonter les bretelles.

Le 27 juillet 1934, un procès-verbal est dressé pour inobservation des prescriptions de l’arrêté préfectoral du 26 octobre 1929, et l’autorisation de vendre est retirée, le 17 octobre 1934, alors que huit villas sont en construction, ce qui occupe 80 personnes. Ce ci amène Louis Gaume, président et administrateur délégué de la Société, à abandonner cette dernière fonction.

En 1935, des faits graves amènent des conflits sérieux au sein de la Sté Immobilière du Sud-Ouest, entre les représentants de Pilat-Plage et ceux de la Générale Foncière du Sud-Ouest.

Le 25 octobre 1935, le Conseil d’administration désigne M. Pierre Nabonne comme président, et M. Félix Czulowski comme administrateur délégué. Le 10 janvier 1936, M. Henry Moureau est nommé liquidateur judiciaire de la Sté Immobilière du Sud-Ouest, et un jugement du tribunal de commerce de la Seine, du 16 janvier 1936, met la Sté Générale Foncière du Sud-Ouest sous mandat d’administration judiciaire en la personne de M. Degennes.

La reprise des ventes est autorisée le 12 mars 1936, avant l’achèvement des travaux d’aménagement et de viabilité imposés ; une nouvelle interdiction des ventes intervient le 1er juillet 1936. La société est toujours entre les mains de M. Moureau, seul habilité à représenter la société.

  • Le 3 novembre 1936, la Société immobilière du Sud-Ouest est toujours en proie à des difficultés. Il est prévu de céder 10 000 m² à la commune de La-Teste, confrontant aux propriétés de MM. Dumora, Faure et Weulersse.
  • L’arrêté du 11 janvier 1937, autorise la reprise des ventes, sous réserve de consigner tous les prix de vente jusqu’à concurrence de 60 %, chez Me Dentraygues, pour garantir l’achèvement complet des travaux du lotissement.
  • Le 22 mai 1937, l’assemblée générale des actionnaires décide de remplacer l’administrateur judiciaire Moureau par M. Aulin, 131 rue Legendre à Paris.
  • Le 10 novembre 1939, M. le maire d’Arcachon fait savoir qu’il donne un avis favorable à la demande présentée par M. Gaume, mandataire de M. Aulin, liquidateur judiciaire, pour la reprise des ventes.

 1983 – Lotissement Balguerie

Les demandes de division, en trois lots, et d’autorisation demandées le 1er décembre 1983 de la propriété de M. Armand Balguerie Armand Balguerie (1901-1983), marié le 8 avril 1933, à Bordeaux, avec Madeleine Hine, née le 3 juillet 1913 à Jarnac. En 1798, Jean-Étienne Balguerie, ancien corsaire du Roi de France, fonde à Bordeaux sa compagnie de transport et courtage maritime, 2 place Richelieu (actuelle place Jean Jaurès). Bien qu’ils ne soient pas leurs descendants directs, on retrouve les ancêtres d’Armand Balguerie dans cette maison de commerce. avenue St-Thomas d’Aquin et St-Françoisx avier, cadastrée BP 331 à La-Teste et AZ339 à Arcachon ont été classées sans suite.

La dynastie des Balguerie est alliée à toutes les familles de la haute bourgeoisie – surtout protestante – bordelaise. Elle possède des hôtels particuliers, des vignobles, et des villas Benoît Bartherotte a effectué les travaux de renforcement du trait de côte que l’on sait, à la pointe du Cap-Ferret, après l’effondrement d’une partie de la dune et la destruction de la villa Balguerie dont il était le propriétaire..

Le pont de pierre n’existerait pas sans l’action de cette famille et, sans elle, le port de Bordeaux n’aurait pas connu le même développement, et n’aurait pas non plus le même visage.

 1924 & 1953 – Pêcheries de l’Océan & Guérin

Lettre du 17 novembre 1924 des Pêcheries de l’Océan Anciens établissements H. S. Johnston & Cie. Sources sur le lotissement : AMLTDB NC 2531.

La Société Immobilière du Moulleau s’est constituée en 1897, et a créé le Moulleau avec ses places, ses voies, etc. La société a ensuite été fondue avec les Pêcheries de l’Océan (de H. S. Johnston), ces dernières ayant pris, comme immeubles, les terrains de ladite Société qui restaient à vendre.

Tous les terrains que nous possédons actuellement restent encore à vendre, et figurent dans le plan schématique que nous vous soumettons. Ils sont tous en bordure de voies classées, et qui ont l’électricité. Nous n’avons pas à intervenir dans les questions d’égouts, en ce sens que nous sommes sur des routes ou des chemins qui ne nous appartiennent plus.

Nous croyons, dans ces conditions, que nous restons simplement dans le cas d’un particulier qui a des terrains à vendre, sans avoir un plan de lotissement d’allées, etc. à fournir.

Veuillez nous faire connaître si notre opinion est juste, pour le lot N°2, afin que nous puissions, le cas échéant, répondre à des notaires qui n’accepteraient pas cette interprétation. Au cas contraire, nous nous conformerons à la Loi, et nous vous soumettrons un plan régulier des terrains qui nous restent à vendre de l’ancien Domaine de la Société Immobilière du Moulleau. …

Les premières ventes de plusieurs lots, avenue de Paris, (3 622,30 m²), se font en 1924, avant l’établissement d’un projet de lotissement (plan Baure du 30 mai 1944) en contravention avec la loi du 19 juillet 1924.

Au milieu des années 1930, plusieurs mises en demeure sont faites pour régularisation du lotissement. La lettre du 22 juin 1939, des Pêcheries de l’Océan, informe que les documents seront fournis lorsqu’ils seront établis.

La décision préfectorale du 2 janvier 1945 concerne 2 750 m², cadastrés B 277.

Situé dans une cuvette, le lotissement rencontre un problème d’écoulement des eaux pluviales et nécessite la rectification complète du profil de long de la voie Saint-Françoisx avier.

L’arrêté préfectoral du 24 octobre 1960, autorise l’association syndicale, et celui du 22 novembre 1960 approuve le projet d’aménagement.

 Soleil et Santé

Le besoin d’un séjour de convalescence ou d’un traitement préventif au grand air, à l’air vif et salubre des plages, aux bains de mer, se faisait sentir pour les pensionnaires du Pavillon des enfants de la Maison de santé protestante de Bordeaux et pour les élèves anémiques et débiles des écoles. De là l’idée d’un Sanatorium au bord de la mer.

En 1882, et, depuis, grâce à des dons spéciaux, tous les étés, un modeste chalet est loué et de joyeux enfants sont envoyés. L’utilité, l’efficacité d’un Sanatorium devient tellement évidente que des amis dévoués se mettent à l’œuvre et recueillent environ 40 000 francs pour fonder une Maison annexe de la Maison de santé et y offrir aux enfants, désormais chez eux, une installation digne de l’établissement et de l’Église qui les envoient.

En 1893, sous l’influence de M. Desclaux de Lacoste, s’ouvre le sanatorium protestant, pour une centaine d’enfants.

Le bâtiment de la colonie de vacances se situe au carrefour du rond-point Hélios, entre l’allée St-Thomas d’Aquin et l’allée de Paris.

La Maison a de larges dortoirs, bien aérés, pour recevoir 150 enfants en trois fois, avec cour, préau, services généraux, infirmerie. Les parties communes du sanatorium sont bien entretenues, mais dès qu’on quitte les lieux, l’environnement laisse à désirer.

En 1940, l’orphelinat Louis-Vernes y est transféré Orphelinat Louis Vernes, Paris 17ème. Auguste « Charles » Théodore Vernes 1786-1858 &1811 Anne Louise Grivel 1789-1842

Pierre Vernes 1899-1990 & Antoinette Goldet
….. Philippe Louis Vernes 1815-1906 &1841 Adrienne Sautter 1821-1852 &1855 … Françoise Marie Vernes 1824 & Louis Henri Paumier 1820-1899 … <P
Philippe-Louis Vernes (1815-1906), est le fils de Charles Vernes, secrétaire du consistoire de Paris et sous-gouverneur de la Banque de France. Il appartient à une famille originaire du Vivarais, réfugiée en Suisse et rentrée en France à la fin dux VIIIe siècle. Son oncle (et beau-frère), le banquier Félix Vernes, est resté célèbre pour son exceptionnelle générosité à l’égard de nombreuses œuvres protestantes. Ancien élève de l’École polytechnique, il décide de devenir pasteur. Nommé pasteur aux Batignolles en 1851, il devient l’un des pasteurs de Paris par l’annexion de cette commune à la capitale en 1860. En 1858, un orphelinat est créé rue Sainte-Thérèse (aujourd’hui rue Clairaut où il est encore au n° 15). M. le pasteur Louis Vernes acheta lui-même la maison. Vers 1890, au 15 de la rue Clairaut, l’orphelinat dit « des Batignolles », présidé par le pasteur Vernes, accueille 50 orphelines et abrite un ouvroir dédié à la couture. Le 13 juillet 1912, la Fondation Louis Vernes est déclarée à la préfecture de police (conformément à la loi du 1er juillet 1901) dont l’objet est un orphelinat pour jeunes filles et dont le siège social se trouve au 15, rue Clairaut, Paris. Sources : Recueil des actes administratifs, juillet 1912, Préfecture de la Seine. 0 Bulletin de l’Office central des œuvres de bienfaisance, 1940 & 1941..

 Compagnie Immobilière Pierre Chemineau – 1980

Le 16 novembre 1979, des pourparlers de vente du terrain (appartenant à l’Association « Soleil et Santé », 47 rue de Clichy, Paris) s’engagent avec M. Chemineau.

Le vendeur autorise ce dernier à demander, pour le compte de la « Compagnie Immobilière Pierre Chemineau » CIPC, le permis de construire 45 logements (18 T1 & 27 T3) de type résidence secondaire destinés à l’accession à la propriété.

Différents projets sont mis à l’étude.

La propriété est plantée d’une végétation remarquable (chênes, pins, cèdres) ; le parti général du projet est de préserver ce site exceptionnel en ne construisant qu’aux emplacements des anciens bâtiments de la colonie de vacances, de manière à éviter tout abattage d’arbres de hautes tiges, et ne pas modifier l’aspect actuel du terrain. Dans ce même esprit de respect du site, les bâtiments seront distribués par des chemins piétonniers et les places de stationnements seront localisées sur la périphérie de la propriété. L’avenue St-Thomas d’Aquin, non revêtue et au tracé incertain, sera remise en état et suivra l’amorce du tracé situé au rond-point Hélios.

La construction envisagée nécessite la démolition d’un ensemble bâti, vétuste et de qualité architecturale médiocre. La surface bâtie de l’opération sera de 2880 m² hors œuvre pour une surface autorisée de 2885 m².

Le parti architectural retenu cherche à obtenir une intégration et une unité architecturale avec le caractère résidentiel du quartier. Les matériaux et les volumes sont ceux de l’habitat individuel avoisinant : façades revêtues d’un enduit rustique, menuiseries et balcons en bois brun foncé, couvertures en tuiles ; la hauteur des bâtiments n’excède pas 7 m au faîtage.

Le tracé de l’avenue St-Thomas d’Aquin faisant une bosse à la hauteur d’un ancien blockhaus, partiellement enterré, sera repris de manière à s’aligner avec l’amorce située au rond-point Hélios.

 1982 Soleil et Santé

Le 4 octobre 1982, MM. Lavy, Perchalec et Samperez sont autorisés à lotir AMLTDB NC2537. en 4 lots, leur terrain de 3 296 m².

Le Moulleau et la forêt usagère

CH 6

INDEX

Ch.7 Pyla-sur-Mer, ce n’est plus…
comme avant !

Premier tome : La ville sous les pins, origines et développement
Un livre de Raphaël Vialard (publication limitée – commande par souscription)
Commander le livre ou contacter l’auteur

Le père tranquille et Expansion du Pyla

CH 8

INDEX

Ch.7 Pyla-sur-Mer, ce n’est plus…
comme avant !

Premier tome : La ville sous les pins, origines et développement
Un livre de Raphaël Vialard (publication limitée – commande par souscription)
Commander le livre ou contacter l’auteur