Transports et Structuration du Pyla

CH 7

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Ch.8 Pyla-sur-Mer, ce n’est plus…
comme avant !

Premier tome : La ville sous les pins, origines et développement
Un livre de Raphaël Vialard (publication limitée – commande par souscription)
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Le Pilat plage

CH 9

Ch.8 Pyla-sur-Mer, ce n’est plus…
comme avant !

Premier tome : La ville sous les pins, origines et développement
Un livre de Raphaël Vialard (publication limitée – commande par souscription)
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 LE PÈRE TRANQUILLE 

 Ce n’était pas n’importe quel curé !

Né le 19 octobre 1913, il ne connaîtra jamais son père porté disparu pendant la 1ère guerre mondiale.

Il se dirige vers le petit Séminaire de Richemont où il effectue ses études secondaires, puis c’est le grand séminaire d’Angoulême. Ordonné prêtre en 1938, il est vicaire à Cognac, puis à Ruffec, et sera curé de Suaux au début de la Seconde Guerre Mondiale (1942), en pleine occupation. Ce fut d’abord un curé résistant : son presbytère servait de cachette pour des maquisards de Bir-Hacheim Le maquis de Bir Hacheim est le nom donné en 1943 par Claude Bonnier à l’ensemble des maquis de Charente qu’il vient de restructurer, en hommage à la bataille de Bir Hakeim.

Dénoncé à la gestapo, il est interpellé à la fin de la messe, le 22 mars 1944, le jour de la grande rafle de Chasseneuil dans laquelle est aussi arrêté Guy Pascaud, qui allait devenir plus tard sénateur et président du Conseil général de la Charente. Interné à la prison de Poitiers puis à Fresnes, l’abbé Jean Quichaud, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est déporté au camp de Struthof-Natzwiller, en Alsace, (du 2 juin au 10 septembre 1944) puis à Dachau. Martyrisé, torturé, il vit un enfer au milieu d’autres déportés, dont de nombreux prêtres, à qui il rend service en se faisant infirmier.

Il a la chance d’en sortir vivant le 14 mai 1945, mais dans quel état, il n’est plus qu’une maigre silhouette portant encore son pyjama rayé 2000 ans d’Histoire, André Berland & Monique Langlais, 2001..

Macha (diminutif russe de Mikhail, ou Michel) Tenenbaum, Juif émigré d’Ukraine, est un artisan joaillier : son atelier se trouve au 132, rue de Turenne, à Paris. En 1942, il est déporté, mais, malheureusement, ne survit pas à ses tortures.

Son dernier fils, Jean Tenenbaum, dit Jean Ferrat, contactera l’abbé Quichaud pour obtenir des informations sur les conditions de vie dans les camps d’internement ; il en sortira la chanson : « Nuit et Brouillard Nuit et brouillard. NN – Initiales que les déportés portaient dans leurs dos – Natcht und Neubel : nom donné à un décret du Reich du 7 décembre 1941 ordonnant de faire disparaître certains prisonniers sans laisser de traces.« .

Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers,
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés,
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent.

Après la guerre, en 1948, Jean Quichaud est, à Roumazières cette fois, un curé social : se démenant pour trouver du travail à ceux qui ont des bouches à nourrir, pour organiser une foultitude d’activités à l’intention des jeunes ; et ce magnifique cadeau qu’il a su offrir à tous ces enfants de Roumazières : la création de cette colonie de vacances de Pyla-sur-Mer, par-delà les villas des vacanciers fortunés ; c’est la Colonie qu’il baptise… du Père Tranquille !

Pourquoi ?

Alphonse Vergeau (1893-1964) est ingénieur pour le métro ; la guerre lui fait quitter Paris et il s’installe en Charente où il vend des matériaux de construction et du charbon. Il n’accepte pas l’armistice signé par Pétain ; avec Maurice Gary, le chef de gare de Confolens (fondateur du maquis d’Alloue), et quelques autres amis, il forme un petit groupe de patriotes résistants. Leur première action est de cacher les jeunes réfractaires au travail obligatoire (STO) et de leur fabriquer de fausses cartes d’identité.

La Résistance s’organise dans le secteur, et Alphonse Vergeau – le jour, maladif, buveur de tisanes ; la nuit à vélo pour recevoir les parachutages Site internet Lettres charentaises consacré à Noël-Noël – crée le maquis Foch, plaque tournante de toutes les transmissions dans le maquis de Confolens. Pendant toute la guerre, il réussit à cacher qu’il est le chef de la Résistance locale ; il se sait pourtant surveillé par la milice et la Gestapo.

De cette période à la fois terrible et extraordinaire, sa fille Maguy Marguerite Martel (Vergeau) présente au JO de Londres en 1948 en saut en longueur. Son mari Charles Martel (1920-2001) a été maire de Saint-Georges-de-Didonne de 1983 à 1989. Aviateur pendant la guerre, il a été convoqué pour le Service du travail obligatoire (STO). Pour ne pas partir en Allemagne, il a sauté du train et est entré lui aussi dans la clandestinité. se souvient de la venue de Jean Moulin dans la maison de ses parents, des parachutages d’armes, des sabotages, de sa mère qui soigna de nombreux pilotes et parachutistes alliés. Elle parle de son frère aussi, qui a participé au débarquement à Naples et à Toulon. Quant à elle, Maguy, tout juste âgée de 18 ans, en 1943, « agent de liaison » elle passait des messages, ravitaillait des familles juives quand il y avait le couvre-feu… C’était une période extraordinaire, exaltante, où toutes tendances confondues, on était solidaire. Bien sûr, il y a eu des dénonciations, des amis sont morts, mais il y a tellement de choses à dire de cette époque, qu’il faut garder les meilleurs souvenirs Maguy Martel, résistante discrète, Denise Roz, Sud-Ouest du 1er juin 2015..

Pour les habitants de Confolens, Alphonse Vergeau est « le père tranquille L’acteur Lucien Noël, dit Noël-Noël, s’inspira de la vie de résistant de son ami de longue date Alphonse Vergeau pour son film « Le père tranquille » réalisé par René Clément, sorti en 1946. Lucien Noël (1897-1989) avait acheté, en 1935, le Château de Praisnaud à Ambernac en Charente, pays d’origine de son épouse. Le succès de « Le père tranquille » lui permit de restaurer la bâtisse. C’est dans ce village qu’il fut inhumé. » ! Pour Jean Quichaud, c’est le chef de maquis, dont il perpétuera le souvenir dans sa « colo ».

Après la guerre, beaucoup de familles ouvrières les plus déshéritées du canton de Roumazières n’ont pas trop de moyens pour partir en vacances, et grâce à l’abbé Quichaud, les enfants partent : les plus pauvres sont hébergés gratuitement et la colonie est encadrée par des moniteurs et du personnel bénévoles.

Des anciens de la colo, le canton en est truffé ; jeunes de Roumazières, Loubert, Chantrezac, St-Laurent de Ceris, Nieuil, La Péruse, Genouillac Fontafie et de plus loin encore… la colonie du Pyla a offert aux enfants d’ouvriers des tuileries, de déportés, aux orphelins, à tous les enfants démunis et souvent à leurs parents, leurs premières vraies vacances -« Hommage à un curé social », Natacha Thuiller, Sud-Ouest du 12 mai 2011..

Les deux cent vingt kilomètres séparant Roumazières de la colo se faisaient à une moyenne de 25 km/h ! Si les radars avaient existé en ce temps-là, avec ce vieil autocar réformé de la ville de Bordeaux, ils n’auraient point eu l’occasion de remplir les poches du fisc ! La côte de Taponnat franchie, il y avait le passage obligé à Angoulême, quartier de Sillac, où il fallait remplir les bouteilles de gaz de l’autocar que conduisait, la plupart du temps, le demi-frère de l’abbé. Je me souviens de sa bonne bouille, avec un nez de boxeur et un certain attrait pour la chopine… Mais, il n’y avait pas encore de contrôle alcotest et puis, à la vitesse où l’on allait…

Un groupe de « Parisiens » était pris au passage à Angoulême ; il venait lui aussi passer quelques semaines à la colo. En fait, ces « Parisiens tête de chiens » comme nous aimions à les railler, étaient tous des enfants de résistants déportés : les parents de certains enfants n’avaient jamais retrouvé leurs familles, ils étaient morts dans les camps. Une fois à la colo, il n’y avait plus de barrière entre colons.

On remarquera que le terrain situé sur Arcachon est la propriété de La-Teste.

Dès l’arrivée en soirée c’était l’installation ; dans les dortoirs pour les plus petits alors que les grands avaient droit aux toiles de tente de l’armée ; toute une époque !  

Il faut bien sûr préciser que les séjours étaient séparés : 3 semaines les filles, puis 3 semaines les garçons, pendant lesquelles rien ne manquait !

Puis viennent les activités, nombreuses et variées, par tous les temps : les balades en forêts les mains dans la résine des pins, les jeux de pistes, la fabrication des souvenirs de vacances avec les matériaux du cru (écorce, coquillages…), le cinéma, le théâtre de Guignol qui descendait tout spécialement de Radio Limoges avec M. Hinoz, la fête de fin de séjour ; mais surtout la mer, le bassin d’Arcachon, la Dune du Pilat maintes fois gravie Mon long chemin vers Compostelle, Manuel Da Silva, 2014..

Et les souvenirs : les traversées du bassin en C10, la voile avec les vauriens et caravelles ; les piqûres de vives dans les bancs d’algues qui dès le retour au camp étaient traitées à la potion magique : le vinaigre, qui soignait aussi les piqûres d’insectes, les coups de soleil, les chevilles ou poignets foulés ; le remède universel !

Sans oublier les trop fameuses tartines de compote du « 4 heures », partagées en forêt ou sur la plage, largement saupoudrées de sable porté par les embruns ou tout simplement par les copains ! et, même accroupis derrière la digue, nul ne pouvait y échapper.

Les colons apprennent la vie en communauté, la gestion des situations avec des moyens limités et toujours calculés au plus juste, celle du réfectoire, la cuisine avec les produits qu’on pourra qualifier de frais et négociés aux prix les plus bas lors des fins de marchés et ramenés dans la trop fameuse frégate verte de l’abbé !

Et les incontournables : la sieste de l’après-midi et l’office religieux du dimanche matin en plein air ; participation obligatoire et sérieuse oblige Personnalité de Roumazières-Loubert, Jean Quichaud 1913-1999, Témoignage d’un ancien de la colo, Histoire de la commune de Roumazières. !

L’abbé Quichaud est resté célèbre pour quitter la soutane au moment de jouer au foot (ce qui lui a valu des remontrances de sa hiérarchie) ; il organisait aussi des stages de théâtre, des fêtes patronales. Il aimait les gamins et les gamins l’adoraient, se souvient Guy Marsaud.

Charismatique, certainement, mais aussi homme d’église sachant se faire respecter.

C’est cette « colo » emplie de vie, de jeunes, qui a servi de bouée de sauvetage à la résistante Andrée Duruisseau, alors qu’environ deux ans après son retour des camps, elle s’enfonçait dans une terrible dépression. Ancien déporté lui-même, à l’écoute des autres, l’abbé Quichaud a compris ce qu’il fallait faire.

C’est lui qui m’a sortie de l’hôpital, rappelle Andrée Gros-Duruisseau Présidente de l’Association départementale des déportés, internés et familles de disparus (Adif). il est venu avec le colonel Chabanne, le chef du maquis de Bir-Hacheim, et il m’a emmenée à la colonie. C’est là que j’ai rencontré mon mari. Il a voulu me protéger des souvenirs. Je lui dois beaucoup. Il était comme ça, toujours à aider tout le monde -« Hommage à un curé social », Natacha Thuiller, Sud-Ouest du 12 mai 2011..

Jean Quichaud quitte Roumazières en 1975 à regret, pour Esse jusqu’en 1988, date à laquelle il se défroque pour se marier.

Il se retire au village de Puybernard, à Genouillac, et meurt à l’hôpital de Confolens, le 12 septembre 1999.

Le jour de ses obsèques, une poignée de personnes qui se comptent sur les doigts d’une main l’accompagne à sa dernière demeure ; il repose dans le cimetière de Saint-Quentin-sur-Charente, à deux pas de Suris qui l’a vu naître.

Plus de dix ans après sa mort, alors que les souvenirs de ceux qui l’ont connu sont encore très vifs, ses amis sont d’accord : il est l’heure de rendre hommage à l’abbé.

Il y a peu encore, tout hommage officiel aurait été impossible.

Sur l’initiative du collectif des amis de l’abbé Quichaud, et avec le soutien plein et entier de la municipalité de Roumazières, un square est baptisé « Espace du Père tranquille Le nom de guerre d’Alphonse Vergeau est devenu le nom de la colonie, jusqu’à se transposer sur l’abbé Quichaud.« , le samedi 14 mai 2011.

L’Église a donné son accord à la petite cérémonie, à côté de la chapelle qu’il avait construite, mais à condition toutefois qu’il soit fait état de Jean Quichaud et non de « l’abbé Quichaud » Hommage à un curé social, Natacha Thuiller, Sud-Ouest du 12 mai 2011.

 Le stade du Père tranquille

L’école du Moulleau date de 1930 ; elle est l’œuvre de généreux donateurs dont M. Gustave Loude Gustave Loude, industriel philanthrope bien connu à Bordeaux, au Moulleau, à Pyla-sur-Mer, au Cap Ferret où il possède de nombreuses propriétés, est né à La-Teste le 27 avril 1845, d’un père Jean Baptiste, coiffeur, et de Jeanne Anaïs Fouet. Il occupe un emploi de bureau à la perception jusqu’à 16 ans, puis, avec son frère Léopold (1842-1883), travaille à Bordeaux dans une fabrique de résineux. En 1863, ils créent leur propre entreprise et, après la mort de son frère, Gustave en devient seul directeur. À sa retraite, il la confie à ses ouvriers ; l’expérience ne réussit pas et il lui faut reprendre la tête de ses affaires (L’Avenir d’Arcachon du 18 décembre 1927). Avec un comité élu et des bénéfices partagés, « la Société anonyme à participation ouvrière des anciens établissements Loude frères «  subsistera jusqu’en 1941, 1 à 25 rue Plantevigne (en 1875, quai de Bourgogne) à Bordeaux. Gustave Loude meurt le 6  mai 1930 à Bordeaux. Amoureux des fleurs, son cercueil en fut couvert ; il est inhumé dans son caveau au cimetière de la Chartreuse. Source J. Ragot, Sud-Ouest du 23 avril 1987. pour le terrain, M. Louis Gaume pour la construction. Les jeunes Testerins y affluent…

 

Un terrain destiné à devenir un petit stade scolaire est situé avenue de Bellevue en bordure de la colonie du Père-Tranquille ; il mesure 90 mètres de long et 48 mètres de large.

Ce terrain serait prêté par la ville de La-Teste, le coût d’aménagement devant se situer autour de 6 millions d’anciens francs serait pris en charge par moitié par les deux communes de La-Teste et d’Arcachon : Ce stade pourrait-être le banc d’essai de l’intercommunale.

On pourrait y installer une piste circulaire de 160 mètres, une piste en ligne droite de 70 mètres, un plateau d’évolution permettant le hand-ball, le volley-ball et le basket-ball ; un sautoir en longueur, un sautoir en hauteur, une aire de lancer, un portique, des vestiaires-douches.

Si tout marche bien, les élèves du Moulleau pourraient avoir leur stade pour la rentrée de septembre 1966 AMLTB-lotissements. !

Le stade est resté à l’état de projet…

 Lotissement de la Pinède du Père Tranquille

Après la fermeture de la colonie de vacances, les bâtiments sont tagués.

En 1994, les bâtiments sont démolis et laissent place à un lotissement, à cheval sur les communes de La-Teste Et d’Arcachon.

 1999 – Les Hauts du Moulleau – ex Bellevue II

La demande d’autorisation est du 26 janvier 1999 ; le 26 avril 1999, la Société Immobilière du Sud-Ouest, représentée par M. Gaume, est autorisée à lotir 17 402 m² (11 lots), cadastrés BO 198 p et BO 200, situés avenue du Maréchal Foch et avenue Bellevue, dont 4 520 m² de surface commune.

Ce projet a été annulé et remplacé par 1999 – Les Hauts du Moulleau – ex Bellevue II

M. Lafon, maître d’œuvre agissant pour la SISO représentée par M. Gaume

Vu l’autorisation de lotir en date du 28 septembre 1999 les parcelles BO 198 et 200 p (BK 463 indiquée par erreur), 16 951 m² et 11 lots

Confronte au nord-ouest le lotissement de la pinède du Père tranquille.

 L’EXPANSION DU PYLA 

 La Société Civile Immobilière de Pyla-sur-Mer

Le développement de l’habitat opéré sur la partie côtière de la commune d’Arcachon atteint le sud du Moulleau.

La réussite de la station balnéaire de Moulleau attire l’attention des hommes d’affaires sur la longue plage qui se poursuit sur le territoire de la commune de La-Teste.

Pilat se trouve à une heure de Bordeaux – agglomération, avec la banlieue, de 350 000 habitants – qui, grâce à son développement, ne tend qu’à augmenter D’après Pyla-sur-Mer, son passé, son présent, son avenir, Albert Chiché, L’Avenir d’Arcachon du 1er septembre 1929..

En août 1895, le maire Lutzy déclare, au Conseil municipal de La-Teste, que d’ici peu l’État serait appelé à céder à une compagnie particulière des terrains sur lesquels nous avons des droits.

La commune de La-Teste estime, en effet, que les dunes littorales boisées par l’État auraient dû devenir forêt communale et non domaniale.

Le versant occidental de la dune de Pissens descend vers une belle propriété forestière de M. Léon Lesca qui est elle-même limitée par cette bande peu large de terrains boisés, en bordure du Bassin, dont l’État n’a que faire.

Les promoteurs immobiliers qui convoitent ces terrains domaniaux du Gartey sont confrontés à un problème de taille : l’État n’a plus le droit de vendre !

En 1905, M. Daniel Meller Jean Louis « Daniel » Meller, est né à Bordeaux le 14 (ou 15 / tables décennales) mai 1863, et mort à Nice le 29 avril 1944 ; il fut inhumé à Bordeaux le 15 Février 1947. Les Archives commerciales de France signalent la transformation en société en nom collectif, le 30 décembre 1904, de la Société « Auguste Meller et Cie », vins et spiritueux, 14 rue de la Verrerie demandée par MM. Pierre et Daniel Meller. (Auguste Meller était né à Bordeaux vers 1810, décédé le 1er mars 1902 à 91 ans). use de subterfuges : il écrit au Ministre de l’Agriculture, pour demander d’échanger la forêt domaniale, au sud de Moulleau, avec d’autres forêts bordant le lac de Cazaux.

En 1912, Edmond Le Taillandier de Gabory prédit que l’État échangera les terrains qui font suite à Moulleau et au quartier de Risque Tout, pour laisser libres de se construire les terrains en bordure de la mer ; et le rivage habitable se poursuivra ainsi jusqu’au Figuier, et à la dune de Pissens…

La dune boisée de Pissens, desservie autrefois jusqu’à son sommet par un chemin paillé, offre une double vue panoramique à l’ouest sur le Bassin vu à vol d’oiseau, à l’est sur les ramées verdoyantes et touffues de la forêt de pins L’Avenir d’Arcachon du 17 mars 1912..

En septembre 1913, il se dit que l’État aurait consenti avec des particuliers, propriétaires d’autres bois, l’échange de trois cent quarante mille mètres de terrains qui s’étendent, en bordure du bassin d’Arcachon, depuis Moulleau jusqu’au Pilat.

Il se dit aussi que l’administration des Forêts a décidé le déplacement du poste du garde forestier – du Figuier – bâti à une portée de fusil de Moulleau, et ceci semblerait indiquer qu’en effet les terrains situés après Moulleau, sur le rivage, ont été acquis de l’État par des propriétaires nouveaux. Nous savons leurs noms et n’estimons pas utile de les publier.

Il est bien probable qu’avant longtemps ces rivages seront lotis et ne tarderont pas à se construire.

Il semble qu’avant même que l’échange ne soit consacré, il serait urgent de fonder au Pilat une commune suburbaine, annexe nécessaire et naturelle du canton d’Arcachon L’Avenir d’Arcachon des 28 septembre & 19 octobre 1913..

S’il ne vendait pas, l’État consentirait donc… à échanger !

Cette permutation est autorisée par un arrêté préfectoral du 13 novembre 1913.

Le Domaine public étant inaliénable en droit français, il faut pour qu’une parcelle puisse être cédée à des particuliers, que l’aliénation soit précédée du vote d’une loi spéciale autorisant le déclassement.

Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté, Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit : Article unique – Est approuvé, sous les conditions stipulées dans l’acte passé le 12 novembre 1913 entre le préfet de la Gironde, agissant au nom de l’État, et M. DanielMeller, l’échange de terrains domaniaux d’une contenance de cent quarante-trois hectares soixante-treize ares soixante et un centiare à détacher de la forêt de La-Teste ancienne et situés sur le territoire des communes de La-Teste et d’Arcachon, contre 463 ha. 38 a. de terrains boisés À l’intérieur du massif dunaire, dans la région de Maubruc et de Curepipe, près du lac de Cazaux. près de la forêt domaniale de La-Teste nouvelle, situés sur la commune de La-Teste et appartenant à M. Meller.

Fait à Paris le 4 avril 1915 Journal Officiel du 5 avril 1915. Le 20 avril 1915, un acte administratif constate l’échange.

L’échange a été une bien amusante comédie : l’État ne vend pas, mais consent à faire des échanges ; alors M. Daniel Meller achète 200 000 francs, 400 hectares dans la forêt de Cazaux ; l’État prend des experts qui concluent que l’affaire est tellement avantageuse pour l’État que celui-ci devra verser une soulte de 28 000 francs ; Daniel Meller déclare généreusement qu’il y renonce…

Sur quelle base les experts ont-ils établi leur évaluation ? Ils ont consciencieusement compté et mesuré les pins, sans tenir aucun compte de la situation des terrains. Or, il est bien évident que ce qui donne aux terrains du Pilat une valeur exceptionnelle, c’est leur admirable situation…

Le contrat fait toutefois l’objet d’une réserve de l’État qui conserve l’usage gratuit de tous les chemins créés, ou à créer par Meller au sud, ainsi que le garde-feu du Sémaphore Cahier de la Société anonyme de Pyla-sur-Mer, 31 juillet 1925..

Les renseignements qui nous ont été fournis éclairent cette affaire d’une étrange lueur ; nous ne pouvons les reproduire parce qu’on nous les a donnés sous le sceau du secret.

Quoiqu’il en soit, l’État a fait une très mauvaise opération et les actionnaires, de la Société que M. Daniel Meller est en train de fonder, réaliseront de merveilleux bénéfices. En effet, les terrains dont il s’agit représentent, à 5 francs le mètre en moyenne, plus de 6 500 000 francs.

Si, pour compter largement, nous déduisons 1 500 000 de frais, il reste un bénéfice de 5 millions réalisé au préjudice de l’État L’Avenir d’Arcachon du 11 juillet 1915..

C’est ainsi que M. Daniel Meller est devenu, à très bon marché, propriétaire des magnifiques terrains qui s’étendent, le long de la plage, de la villa Risque-Tout à la dune du Sabloney, sur une longueur de quatre kilomètres, avec une profondeur qui varie de 150 mètres à un kilomètre Moins l’enclave du « Gartieu », sur le rivage, qui appartient aux Daney. !

Désormais, la route conduisant directement du Moulleau au Pilat lui appartient D’après L’Avenir d’Arcachon du 20 juin 1915.. M. Daniel Meller adresse à tous les propriétaires du Pilat la lettre suivante :

Le projet de M. Daniel Meller a pour résultat de produire une forte hausse sur le prix des terrains.

Les propriétaires n’auraient qu’à le remercier si, plus modéré dans ses plans, il voulait se contenter de construire la route qui conduit directement du Moulleau au Pilat, et de vendre les terrains de chaque côté.

Mais son intention de créer un parc fermé qui les séparera du Moulleau les inquiète à juste titre et ce n’est pas sans une légitime indignation qu’ils ont pris connaissance de la lettre du 7 juin.

M. Daniel Meller a-t-il le droit d’agir ainsi ? Les propriétaires du Pilat n’ont-ils pas acquis, par un usage plus que trentenaire, les passages qu’on a la prétention de leur enlever Article d’Albert Chiché, L’Avenir d’Arcachon du 18 juillet 1915..

Le mardi 20 juillet 1915, une famille qui se promenait sur la plage entre le Moulleau et le Pilat, est surprise par la marée montante qu’active un fort vent d’ouest.

Les clôtures de M. DanielMeller les empêchant de pénétrer dans la forêt, la femme et les enfants se sont trouvés un instant en péril. Ce n’est qu’à grand peine, et trempés par les vagues, qu’ils parviennent au Moulleau L’Avenir d’Arcachon du 25 juillet 1915..

Par arrêté en date du 6 septembre 1915, M. le Préfet de la Gironde révoque :

– La concession de passage accordée en vertu d’un arrêté du 13 juillet 1903 à M. X à travers les cantons du Moulleau et de Gartey et Pilat dans la forêt domaniale de La-Teste ;

– L’autorisation consentie en vertu d’un arrêté, du 20 avril 1903, à M. Z pour l’ouverture de deux portillons d’accès de sa propriété du Moulleau, dans la forêt domaniale de La-Teste L’Avenir d’Arcachon du 19 janvier 1916..

La Ville d’Arcachon dans son parc des Abatilles et M. Meller dans son parc du Pyla devraient faire planter, comme dans les anciens terrains de la Société immobilière d’Arcachon sur la route du Moulleau, des chênes pourpres d’Amérique ou des érables rouges du japon.

En automne cette forêt pourpre a un charme infini. Nous engageons nos lecteurs à aller contempler ce coup féerique sur l’ancienne route du Moulleau L’Avenir d’Arcachon du 31 octobre 1915..

Par arrêté du 14 août 1916, M. le Préfet de la Gironde, conformément à des instructions de M. le Sous-secrétaire d’État à la marine Marchande, constitue une Commission pour procéder à la délimitation du rivage de la mer sur le littoral, au droit des propriétés de M. Meller, sises aux lieux de Moulleau-Gartey-Pilat et Sabloney Cette Commission est composée de MM. Huon, dit Navrancourt, Administrateur principal de l’Inscription maritime à Arcachon, Président ; Goutal, Officier d’Administration principal du Génie à Bordeaux ; Chastang, Receveur des Domaines à La-Teste ; Laborde, Sous-Ingénieur des Ponts-et-Chaussées à Arcachon. L’ouverture des opérations délibératives aura lieu le 13 septembre 1916, à 5 h du matin. Il est loisible à tout intéressé de présenter ses observations. L’Avenir d’Arcachon du 3 septembre 1916..

L’heureux propriétaire nourrit un projet grandiose. Il a l’intention de créer un immense parc privé dont l’entrée ne sera permise qu’aux possesseurs de villas, à leurs locataires, leurs domestiques et aux personnes munies d’une carte de faveur.

La route conduisant directement au Pilat se trouverait supprimée au mépris des servitudes acquises par un usage plus que trentenaire ; une route oblique, partant du sanatorium protestant, la remplacerait.

Le premier plan du lotissement du parc Meller prévoit un alignement de maisons, le long du littoral, donnant sur un boulevard promenade, formant digue en deux ailes situées de part et d’autre d’une place centrale où doit se tenir le « Cercle des sports ».

Un boulevard maritime bordera la plage jusqu’à la dune du Sabloney Le projet en date du 29 août 1915 (6 mois après l’échange…) comporte un « boulevard-digue » qui ne sera pas réalisé.. Là, il fondera une usine qui utilisera les sables pour fabriquer des pierres artificielles ; ces pierres serviront à construire les villas et un Palace-Hôtel Meller impose une unité architecturale songeant même un temps, à demander à un jeune ingénieur centralien, Jean Lafon, de construire cette briqueterie afin de disposer d’un matériau uniforme ; finalement, il rachètera une usine identique, à Parentis..

Un chemin de fer électrique reliera La-Teste au Moulleau, en sorte que les trains arriveront directement de Bordeaux en une heure.

Une autre ligne ferrée et une route pour automobiles mettront le Moulleau en communication directe avec Biarritz.

À travers ce parc, que les gens du pays appellent : Pilla-sur-Bassin, on perce une route après avoir abattu sans pitié pins, chênes lièges, arbousiers, tous les arbres et arbustes qui ornaient cette forêt poétique et embaumée L’Avenir d’Arcachon du 24 septembre 1916..

En 1918, Monsieur le maire d’Arcachon achète au prince de Broglie les grillages à poule de l’ancien domaine Saint-Yves. Il fait poser ces grillages pour clôturer ses nombreux et beaux terrains de Pyla-sur-Mer et il les fait poser par le cantonnier Lacroix aidé de deux autres collègues L’Avenir d’Arcachon du 28 avril 1918..

Dans sa plaquette Pyla-sur-Mer, Passes du Bassin d’Arcachon, Daniel Meller, 1916. de présentation, en 1916, Daniel Meller évoque équitation et concours hippiques, tir aux pigeons, natation, rowing, yachting, canoë, pêche et chasse, tennis et pelote basque, etc.

Il imagine même un « Palais des Sports Parmi les cinq architectes admis au concours des plans et devis du « Palais des Sports » figure M. Drouyn qui fut, avec Daniel Meller, un des promoteurs de l’idée. L’Avenir d’Arcachon du 14 septembre 1919. Probablement Jean Léo-Drouyn (il avait fait rajouter à son nom de famille le prénom de son grand-père Léo Drouyn). Il avait épousé Jeanne Gièse ; il habitait et travaillait une partie de l’année sur le Bassin. Le père de Jeanne, Auguste Gièse, négociant bordelais, était le digne représentant d’une famille installée sur le rivage arcachonnais dès 1846, avec l’acquisition par Jean-Frédéric Gièse d’une parcelle de la pièce Bos lotie par les Lalesque, et dont un autre rejeton – Frédéric – fut membre des deux premières municipalités arcachonnaises (1857-1860 et 1860-1865). Jean-Frédéric Gièse mourut le 9 septembre 1849 à Arcachon (peut-être avait-il fui le choléra qui sévissait alors à Bordeaux). Le décès fut déclaré en mairie de La-Teste par son fils Guillaume-Louis. ».

Gaz, eau, électricité, ces trois facteurs, avant tout essentiels de l’élémentaire confort, sont, d’ores et déjà, assurés à la fondation même de la plage de Pyla. Et cela, grâce à la continuité du Moulleau, grâce aussi à un accord intervenu entre l’Énergie Électrique de Tuilières, la grande usine du Sud-Ouest, et la Société du Gaz et de l’Électricité d’Arcachon, accord par lequel une ligne de transport électrique sera établie entre Bordeaux,La-Teste et Arcachon. La Compagnie du Gaz et de l’Électricité d’Arcachon éclaire la commune de La-Teste. La Compagnie des Eaux d’Arcachon fournit déjà l’eau aux villas de Moulleau qui se trouvent dans la commune de La-Teste (lotissement Bellevue), et la proximité du lac de Cazaux permet d’avoir en abondance une eau d’une pureté admirable.

Le Conseil départemental d’hygiène et de salubrité publique est saisi, pour être examinée d’urgence, d’une demande de création dans la commune de La-Teste et dans la partie située sur le littoral de l’Océan, au sud d’Arcachon, quartier du Moulleau, d’une importante cité balnéaire qui serait à créer sous le nom de « Pyla-sur-Mer » par une société dont M. Meller est à la tête.

Cette cité que ses créateurs désirent édifier avec tous les perfectionnements que l’hygiène et le confort moderne exigent, comportera en particulier un système d’évacuation des eaux usées.

La Société de Pyla, soucieuse de donner l’exemple d’une cité moderne et soucieuse aussi de la salubrité de toute la contrée veut adopter le « Tout à l’égout » avec appareils épurateurs offrant le dernier cri de l’hygiène non seulement pour la ville elle-même, mais aussi pour les eaux du bassin d’Arcachon.

Les abus des villes voisines, si dangereux pour l’ostréiculture, seront ainsi évités et toute la région aura l’assurance que Pyla ne déversera dans le bassin que des eaux absolument épurées.

Aussi, avant de prendre une décision, l’examen et la critique des procédés d’évacuation pour les résidus divers et les déjections proposés pour Pyla-sur-Mer ont-ils été soumis à une sous-commission composée de MM. les Docteurs Mauriac, Hirigoyen, Lauga, Barthe, secrétaires du Conseil, et Blarez, vice-président, rapporteur.

Ne pourrait-on pas faire deux parts dans les liquides résiduels divers : (que les âmes sensibles s’abstiennent de lire le détail qui suit)

1 – évacuer directement par le système du tout à l’égout les eaux pluviales et les eaux ménagères proprement, en intercalant, bien entendu, des siphons, empêchant le reflux des gaz malodorants ; elles pourront par la suite être conduites directement dans les passes du Bassin d’Arcachon au moyen d’un ou plusieurs aqueducs spéciaux se déversant autant que possible dans le chenal dans lequel existe toujours un fort courant.

À leur émergence, ces eaux se trouveront mélangées avec d’énormes masses d’eau de mer, et quelques substances solides en suspension, qui, du reste, ne présentent aucun inconvénient pour l’hygiène, seront tellement diluées qu’elles passeront inaperçues.

Il y a lieu de faire remarquer que la distance de « Pyla-sur-Mer » aux parcs huîtres les plus rapprochés étant, pour ceux du Cap Ferret 2 800 mètres, puis ensuite ceux du centre du Bassin en face d’Arcachon à plus de 5 000 mètres, ils n’auront nullement à souffrir du déversement de ces produits usés provenant de Pyla-sur-Mer ; moins dans tous les cas que les eaux résultant des égouts de la ville d’Arcachon ou des autres agglomérations qui contournent le Bassin.

2 – faire une catégorie à part pour les liquides excrémentiels proprement dits, ceux-ci étant réduits alors comme quantité facilement évacuable, étant susceptible d’être utilement traités dans le but d’une purification suffisamment complète.

M. Meller déclare qu’en principe la chose est possible, que c’est pour les créateurs de la cité « Pyla-sur-Mer » double installation d’égout à faire, et, par suite, des frais considérables. Le bassin d’Arcachon est déjà suffisamment souillé par la nombreuse population maritime ou ostréicole qui y vit et qui y déverse journellement ses excréments.

Devant cette série d’objections et d’observations, M. Meller déclare à la Commission que son but étant d’obtenir la réalisation de sa cité modèle, il demande au Conseil d’hygiène de lui indiquer ce qu’il faut donc faire pour donner satisfaction à tous ceux qui pouvaient appréhender l’envoi de tous les liquides résiduels dans les passes du Bassin ? Car il n’admet pas l’usage des fosses fixes avec leurs inconvénients d’émanations constantes et de vidanges périodiques comme pouvant exister dans la maison hygiénique parfaite.

On doit bien reconnaître que sa remarque est fondée. La fosse fixe, dans une habitation, est un pis-aller destiné à disparaître des futures cités, il faut l’espérer, quand les moyens de les remplacer auront été trouvés et seront devenus pratiques.

Les commissaires désirèrent que les liquides, au sortir de ces fosses vidangeuses automatiques, ne soient pas directement déversés dans les égouts collecteurs, mais bien qu’ils fussent captés dans un conduit spécial étanche qui les conduirait dans une ou plusieurs grandes fosses où se parachèverait l’œuvre microbienne, puis qu’ils soient ensuite passés sur un lit bactérien filtrant de dimensions suffisantes. Ce n’est qu’au sortir de ce filtre que ces liquides de fosses d’aisances pourraient être déversés dans les passes du Bassin d’Arcachon.

Dans ces conditions, tout danger de pollution du bassin est écarté et aucun inconvénient n’est à redouter, d’abord pour ceux qui fréquenteront la plage de Pyla-sur-Mer et par ceux qui fréquentent celle du Moulleau ou celle d’Arcachon.

D’un autre côté, aucune crainte de contamination des huîtres du Bassin ne sera possible du fait de ces déversements.

Il reste bien entendu que la surveillance du bon fonctionnement du procédé mis en œuvre pour purifier les eaux vannes évacuées incombera à l’administration de la Commune de La-Teste, dans laquelle la cité balnéaire doit être érigée L’Avenir d’Arcachon du 4 novembre 1917..

En 1917, les ostréiculteurs adressent, au Conseil municipal d’Arcachon, une protestation au sujet du projet du tout à l’égout.

N’est-il pas à craindre que ce système, même perfectionné, ne contamine les parcs ? On peut redouter en tout cas que le tout à l’égout soit un prétexte pour dénigrer ailleurs les huîtres d’Arcachon. Une telle campagne pourrait causer les plus grands dommages à la principale industrie du pays. Le Conseil municipal approuve les observations des ostréiculteurs et en prend bonne note R. Emery, L’Avenir d’Arcachon du 23 décembre 1917..

Les ostréiculteurs ont été entendus : le cahier des charges envisagera dans son article 24 que, dans toute maison d’habitation comme dans toute autre construction, devront être appliqués par les W-C des appareils sanitaires siphonnés ; que toutes les eaux ménagères, les eaux insalubres, les matières fécales et les purins seront dirigés dans les fosses fermées, dites fosses d’aisance, absolument étanches, septiques et diluantes, dont le dispositif devra être soumis au vendeur.

Pour réaliser ce vaste projet, il faut de grands capitaux ; M. Daniel Meller les trouve en fondant une société à laquelle il apporte ses terrains moyennant plusieurs millions, sans compter les parts de fondateur. M. Veyrier-Montagnères, maire d’Arcachon, y apporte ses billes L’Avenir d’Arcachon du 18 juillet 1915..

La Société Civile Immobilière de Pyla-sur-Mer Le 20 juillet 1929, son Conseil d’administration sera composé de Daniel Meller, président, MM. E. Dussaq, R. Delaunay, A. Machet et Fulchi. En 1917, la société civile immobilière se transforme en société anonyme : son Conseil d’administration a pour président Léon Prom, Daniel Meller est administrateur délégué, MM. Jean Arnaudin, Émilien Dussaq, Jacques Meller, Edmond Moussié sont administrateurs. L’Avenir d’Arcachon du 30 décembre 1917. En 1920, Président Daniel Meller, administrateurs Edmond Moussié, Émilien Dussaq, Jacques Meller, Jean Arnaudin (architecte à Arcachon). Les Dussaq étaient entourés d’une domesticité permanente ; à la belle saison, une quinzaine de personnes évoluait au service de la famille et des invités. En 1917, Émilien Dussaq achètera le château Bel-Air, au Haillan, à la famille Prom. Depuis, ce château est devenu le centre d’entraînement des « Girondins ». (Amicale Généalogie) Edmond Moussié (1888-1933) concourt sur 6 mètres JI aux Jeux Olympiques du Havre, en 1924. Son frère Gabriel a été président du Yacht Club d’Arcachon. est constituée par les négociants bordelais Daniel Meller, Jean Léon Louis Prom, Jean Marie Joseph Maurel, Paulin Charles Émile Dussacq dit Émilien ; Daniel Meller apporte 135 hectares, les autres 100 000 francs chacun. Le fonds social représenté par le terrain apporté et les 300 000 francs est divisé en 74 parts de 25 000 francs chacune soit au total 1 600 000 francs.

Daniel Meller recueille 60 des 64 parts de la société formée le 1er août 1916 pour une durée de cinquante ans.

En 1917, M. Veyrier-Montagnères déclare qu’il est intéressé dans l’affaire. Le mot désintéressé eut été plus exact. En effet, il a reçu, pour sa part, une somme de 750 000 francs et des terrains d’une valeur de 250 000 francs environ, soit au total un million. On serait désintéressé à moins.

J’avoue qu’il est gênant d’avoir un document officiel constatant que le maire d’Arcachon est intéressé dans la création d’une ville rivale de celle qu’il administre et sur le territoire de La-Teste, avec un projet de chemin de fer qui desservira Pyla-sur-Mer sans passer par Arcachon ; rappelons seulement un fait : M. Veyrier-Montagnères a réalisé un bénéfice considérable dans l’affaire de Pyla en faisant passer son intérêt particulier avant celui de l’État, du département et de la commune qu’en sa double qualité de conseiller général et de maire il avait le devoir de défendre. Veyrier n’a pas mis un cadavre dans une malle, mais une partie des bénéfices de Pyla-sur-Mer dans sa poche L’Avenir d’Arcachon des 24 septembre 1916, 23 décembre 1917, 30 novembre 1919, 18 juin & 2 juillet 1922, 18 octobre 1925. !

Dès le 2 avril 1917, le cahier des charges de la Société Civile Immobilière du Pyla-sur-Mer est rédigé.

Selon son article 6, les pins ou autres arbres de haute tige ne pourront être abattus que sur l’emplacement des constructions à édifier ou des allées à ouvrir.

Droits de circulation

Tant que les rues et places n’auront pas été incorporées à la voirie communale ou départementale, le syndicat pourra interdire, sur tout ou partie de ces rues et places, la circulation et le stationnement des voitures non suspendues, ainsi que des voitures publiques, autocars, maraîchères, de cultivateurs, de commerçants, de forains, de roulottiers ou autres.

En cas de neige, ils devront faire le nécessaire pour assurer sur le trottoir, au droit de leur propriété, un passage facile pour les piétons.

La municipalité apporte une remarque au cahier des charges ; elle concerne le chemin rural n° 15 :

L’ancien chemin de La-Teste à la plage bifurquant aux chênes verts avait sa branche sud qui était le véritable chemin se dirigeant à la maison du Figuier tandis que sa branche nord atteignait Moulleau.

Le chemin de La-Teste au Figuier passait entre le garde-feu n° 3 dit du Juge et le garde-feu du Sémaphore ; il atteignait le Figuier et la Plage.

La société du Pilat (lire Pyla) a fait clôturer le passage qui a existé de tout temps ; il est indispensable qu’il soit rétabli…

À l’entrée du parc de Pyla-sur-Mer, on élève en 1918, un arc de triomphe. Est-ce en l’honneur de Monsieur le maire L’Avenir d’Arcachon du 18 août 1918. M. Veyrier-Montagnères habite la villa Risque-Tout. ?

Le 6 avril 1920, l’assemblée générale de la Société Immobilière de Pyla-sur-Mer porte le capital social à 1 850 000 francs, cette décision étant motivée par l’apport, fait par MM. Berheim frères et fils, de deux propriétés, l’une d’environ 250 hectares, connue sous le nom de propriété Conseil, l’autre de 85 hectares environ, ancienne propriété Lesca.

La Société Immobilière de Pyla-sur-Mer dépose ses statuts à la mairie de La-Teste en 1920.

Le capital social sera augmenté par la suite de diverses parcelles achetées à la Société anonyme Immobilière du Moulleau par la Société Bernheim, de Paris, soit en tout 221 hectares.

En 1927, la société se défera de la zone dite du Sabloney, comprenant une partie de sables dénudés d’une superficie de 22 hectares considérée sans grande valeur Journal des chemins de fer et des progrès industriels, directeur, gérant Whitelock, 1929..

L’Avenir d’Arcachon du 22 octobre 1922 contient une publicité pour la construction de villas à forfait à l’adresse de la Société Pyla-sur-Mer, 13, rue de Condé, Bordeaux.

Il y est aussi fait mention des travaux d’électrification des voies ferrées Bordeaux-Irun et Lamothe-Arcachon, qui seront terminées en 1924. Des électromotrices partiront, toutes les heures, dans la belle saison, entre Arcachon et Bordeaux et feront le trajet en une heure. À ce moment-là, Pyla prendra un développement encore plus considérable, et les terrains augmenteront de valeur.

La Campagne au bord de la Mer, deviendra donc un véritable suburbain de Bordeaux.

Après la villa de M. Veyrier-Montagnères on pénètre dans la commune de La-Teste et sur la plage de Pyla, encore déserte, mais qui, dans quelques années, fera concurrence à Deauville et à Dinard. Ni l’une ni l’autre de ces stations aristocratiques n’offrent un panorama aussi grandiose : le bassin, se rétrécissant vers son embouchure, prend la forme d’un détroit qui rappelle le Bosphore ; en face, le sémaphore et le phare – sans parler de la chapelle algérienne – semblent des minarets de la côte d’Asie à gauche, l’énorme dune du Sabloney, émergeant toute blanche de la sombre verdure des pins, apparait majestueuse comme une pyramide d’Égypte ; entre les pointes des deux rives qui cherchent à se rejoindre comme les pinces d’un gigantesque crabe, on aperçoit le banc de Pineau. C’est à l’heure des couchers du soleil qu’il faut venir admirer cet incomparable tableau Article d’Albert Chiché, L’Avenir d’Arcachon du 14 septembre 1924..

 Lotissement de Pyla-sur-Mer

La Grande Guerre terminée, Daniel Meller peut mener à bien son projet de création d’une nouvelle station, dans un site magnifique, peuplé de hauts pins de 50 ans, face aux passes du Bassin, le long d’une plage sauvage ouverte sur l’infini.

La station de Pyla-sur-Mer est fondée en 1921. Daniel Meller fait appel à Louis Gaume, établi à Arcachon depuis 1911.

Meller rêve de transformer un lotissement de cent quarante-trois hectares en un Cannes-sur-Bassin, desservi par une base d’hydravions et par des « Michelines » rapides Croquis du Bassin, Jean Dubroca, 2014..

Pour devenir « le Cannes de la Côte d’Argent », l’ambition se heurte au fait que l’accès rapide à Pyla reste difficile.

Meller demande à la Compagnie du Midi, qui en a longtemps rêvé, d’étudier la prolongation de trois kilomètres de sa ligne depuis Arcachon pour que des automotrices électriques mettent Pyla à une heure de Bordeaux. Et il voit aussi très proche le temps où les hydravions viendront légèrement se poser en face de Pyla-sur-Mer Pyla-sur-Mer, son passé, son présent, son avenir, Albert Chiché, L’Avenir d’Arcachon du 1er septembre 1929..

Au-delà des nouvelles propriétés de monsieur le maire d’Arcachon, une grande banderole blanche nous annonce en caractères rouges que nous pénétrons dans le parc de Pyla-sur-Mer, avec un i grec, s’il vous plaît, car à la recherche d’élégance et d’une clientèle huppée, « Y » est d’autant plus aristocratique qu’il doit faire songer à ces portes, comme les Grecs antiques auraient baptisé les lieux Daniel Meller jouait-il à pile ou face, jeu dit aussi de croix ou pile. Le nom de croix ou pile vient de ce que, pendant le Moyen Âge, le côté de beaucoup de monnaies françaises où l’on place aujourd’hui l’effigie ou face du souverain, portait une croix, tandis qu’on voyait sur le côté opposé l’image grossièrement dessinée de la façade d’un temple chrétien (christiana religio), que l’on appelait vulgairement pile, parce qu’on la prenait pour la représentation d’une porte (en grec pyla)..

Monsieur Veyrier-Montagnères, maire d’Arcachon, a fait construire un kiosque pour prendre le thé avec ses amis en se reposant sous ses lauriers.

Les ventes se font plus nombreuses chaque jour ; il est vrai que les prix modérés, pratiqués par la Société, incitent les acheteurs à s’assurer un terrain.[…]

Nous allons posséder tous les gens chic : les Reinach, Dreyfus, les Blumenthal, le comte de Monbrison, les Rothschild, le comte de la Pérouse, les Dolfus, les Guestier et un tas d’autres sont déjà propriétaires et vont faire édifier de somptueuses habitations. Il faut se dépêcher ; les prix montent.

On dit qu’un groupe de financiers de Paris voudrait créer un casino avec monopole des jeux L’Avenir d’Arcachon des 7 &21 septembre, et 19 octobre 1924..

Fin 1924, les actionnaires de Pyla-sur-Mer sont momentanément dans la désolation, et il y a de quoi. On vient de mettre en vigueur une loi oubliée : les sociétés qui font des lotissements ne doivent mettre en vente leurs terrains que lorsqu’ils auront exécuté les promesses faites aux acheteurs : achèvement des routes, des égouts, des conduites d’eau, etc.

Le plan des villes futures doit être soumis pour approbation aux communes dont dépendent les lotissements.

Pyla-sur-Mer dépendant de La-Teste, les actionnaires accomplissent cette formalité ; la mairie de La-Teste, peu satisfaite sans doute en apprenant que Pyla-sur-Mer demande à être rattaché à Arcachon, refuse

de donner son approbation : la société doit suspendre la vente de ses terrains L’Avenir d’Arcachon du 7 décembre 1924..

Ceci n’empêchera pas les membres du Conseil d’administration de Pyla-sur-Mer, en reconnaissance des services rendus par leur administrateur délégué, de donner à la grande avenue le nom de boulevard Daniel Meller D’après L’Avenir d’Arcachon du 28 septembre 1924..

Finalement, le suspense est de courte durée : l’arrêté préfectoral, du 24 juillet 1925, autorise le lotissement alors que plus de la moitié des lots ont déjà trouvé preneurs.

Dans le même temps, le 15 novembre 1925, on annonce les fiançailles de Jane Meller (1902-1969), la fille de Daniel qui se trouve à Nice comme tous les ans à pareille époque, avec M. Louis Lignon (1899-1963), industriel, qui séjourne également tous les hivers à Nice D’après L’Avenir d’Arcachon du 15 novembre 1925..

 Le cahier des charges

Le cahier des charges est établi le 2 avril 1917, par un acte dressé par devant Me Théodore Fulchi, notaire à Bordeaux ; le dépôt du plan du lotissement demandera encore du temps : ils seront présentés au Conseil municipal le 21 novembre 1924. Gérard Labassa est désigné comme commissaire enquêteur.

Avec l’actif appui de Pierre Dignac, alors Maire de La-Teste, Daniel Meller a le courage d’imposer un cahier des charges très contraignant pour le lotissement, afin que son caractère naturel soit largement conservé. On parle de « parc Meller ».

D’assez vives critiques sont formulées : le lotisseur a utilisé le terrain au maximum, dans un but de rentabilité, à tel point qu’aucun passage n’a été prévu pour accéder au Bassin. Cette erreur sera corrigée.

On peut lire dans le cahier des charges que les clôtures entre propriétaires seront établies sur la ligne séparative, soit en fer ou en grillage métallique (les murs de soutènement ne doivent pas excéder 80 cm) et ne doivent recevoir aucune installation parasitaire gênant la vue des héritages voisins et compromettant l’esthétique du site.

L’enquête de commodo et incommodo a lieu le 21 juin 1925 ; le Conseil municipal de La-Teste confirme son avis favorable.

En 1927, l’association syndicale assure le service d’enlèvement des ordures ménagères et obtient une subvention de la mairie.

Le 1er novembre 1928, Gaston Lapadu À Bordeaux, Gaston Lapadu est agent général pour la France de la maison Platon de Batavia ; il en est copropriétaire. Il décèdera en 1936, à l’âge de 58 ans. Bulletin mensuel – Union des femmes de France, mars 1936. directeur de l’Association syndicale des propriétaires de Pyla-sur-Mer, passe un marché avec Jean Mongruer, entrepreneur à La-Teste, pour l’enlèvement des ordures ménagères Pyla-sur-Mer, Jacques Clémens, 2006..

Le règlement de voirie, approuvé par M. le Préfet de la Gironde le 21 février 1929, prévoit que les étables et porcheries sont interdites Le cahier des charges autorise les communs tels que écuries, remises, poulaillers, hangars, loges à outils, mais, qu’elles soient provisoires ou définitives, les constructions ne peuvent excéder 3 mètres de haut et doivent être dans le dernier tiers du terrain à partir de la voie publique..

Sont formellement prohibées toutes habitations constituées par wagons, autobus, caisses de voitures, véhicules déclassés, etc…

Le stationnement des véhicules est interdit sur les voies donnant accès depuis l’avenue Centrale jusqu’à la mer.

Les récipients destinés à recueillir les bourriers de ménage seront d’une capacité ne dépassant pas 50 décimètres cubes ; ils devront être remis au conducteur du tombereau chargé de l’enlèvement des bourriers au moment où le son de la cloche annoncera son passage ; ils ne pourront ni stationner ni être vidés sur la voie publique.

Les cabinets d’aisance devront être munis d’une cuvette à occlusion effective (obturateur à clapet métallique, appareil à siphon). L’installation de tinettes est formellement interdite.

Le 26 août 1929, M. Lapadu proteste auprès du maire contre une autorisation de camping, place Meller : Après entente avec M. Bolognini, les services de police de La-Teste avaient reçu l’ordre d’interdire au public de pénétrer sur la place publique avec des voitures automobiles et d’y prendre des repas. Or, je viens de recevoir une plainte me faisant connaître que vous aviez donné une autorisation d’y camper sous des tentes et d’y faire la cuisine.

 1928 – Les Pins de la Famille

Le 6 juillet 1920, la société « Berheim frères & fils La société en nom collectif « Berheim frères & fils » ayant son siège social 23 rue de l’Arcade à Paris et une succursale 16 rue Esprit des Lois à Bordeaux ; société existant entre MM. Émile, Edmond et André Berheim. En 1922, ils sont propriétaires du château du Tertre, à Margaux ; ils ne garderont la propriété que quelques années. » a apporté le terrain de 68 hectares, désigné « Les Pins de la Famille Doit son nom à la cabane forestière située au centre de la parcelle. Sur le lotissement, la source est AMLTDB LT 98-3004 & NC 1916 & NC 2532.« , à la Société Foncière et Immobilière du Littoral et de Pyla-sur-Mer Ce terrain confronte, du nord, par le Garde-feu n° 3, dit « du Juge », à M. André Bordes et à Mme Cottin (voir ci-dessous), de l’est, par le Garde-feu du Centre, à la Société de Pyla-sur-Mer et à Mlle Dubernet, du sud, à l’Éden de la Côte d’Argent, et à la Société du Bar et Hôtel de la Corniche de Pilat-Plage, et de l’ouest, enfin, au lotissement de « Pyla-sur-Mer ». Cet apport a lieu moyennant l’attribution à la société apporteuse de 500 actions nouvelles de la société Foncière et Immobilière du Littoral et de Pyla-sur-Mer, et en outre moyennant le paiement de 100 000 francs en espèces. Pour mémoire, la Société est aussi propriétaire de terrains, qu’elle demandera à pouvoir morceler en 1939, situés de part et d’autre du chemin départemental n° 112 (ex-chemin vicinal ordinaire n°59) allant du chemin vicinal ordinaire n° 20 au lieu-dit « l’Échine de l’Âne », distant de 500 mètres du terrain des Pins de la Famille. <P
Léon Lesca (1825-1913) x Marie Coralie Godbarge (1840-1923) Armand Lesca Frantz Lesca Georges Lesca Marthe Lesca 1870 x Adolphe Casimir Charles Bordes 1858-1940 André Bordes Daniel Marie Bordes 1893-1977 x Henriette de Chabaud de la Tour 1901-1988 Antoinette Bordes x Jean Cottin
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La Société Foncière et Immobilière du Littoral et de Pyla-sur-Mer participe Comme le constatent les délibérations du Conseil municipal de la Commune de La Teste-de-Buch, en date des 29 mars et 5 juin 1928. à l’établissement du chemin vicinal ordinaire n°59 sur cette parcelle de terrain.

Le 21 septembre 1928, elle présente son projet de lotissement Prévoit l’équipement du lotissement en trois zones, sans précision de date d’achèvement des travaux, de sorte que l’on peut admettre que l’aménagement du lotissement n’est pas limité dans le temps. « Les Pins de la Famille », avec stade et Grand Hôtel. Ce lotissement est limité, à l’est, par le garde-feu du Centre.

Le dossier, déposé le 1er août 1930, est approuvé, le 20 avril 1932, par arrêté de M. le Préfet de la Gironde.

Le programme d’aménagement prévoit la construction de caniveaux-trottoirs sur toutes les voies du lotissement, sauf sur le chemin vicinal ordinaire n° 59, cette exception ayant été décidée par le Conseil municipal de La-Teste le 22 mars 1932.

Les travaux étant restés sans suite jusqu’en 1948, la première tranche de travaux, entre la limite ouest du lotissement et le bas de la côte de Pissens, est approuvée Récolement le 16 juillet 1952 et autorisation de vendre le 28 août 1952. en dates des 14 avril 1950 et 27 février 1951.

Le cahier des charges prescrit une bonne tenue générale : Il est interdit de mettre du linge à sécher dans la partie comprise entre la voie publique et les constructions. Chaque acquéreur assurera la destruction ou l’enlèvement de ses déchets de ménage ou autres par incinération ou autrement. Il est interdit de porter les déchets sur les terrains non habités du lotissement.

En 1952, il est prévu de prolonger l’avenue de La-Teste (lotissement Bellevue) jusqu’à joindre le chemin vicinal n° 59 perpendiculairement ; mais, le 22 juin 1962, le préfet ne juge pas judicieux de déboucher sur le C.D. n° 112 en plein virage, en haut du boulevard Louis Lignon.

Le 30 décembre 1957, en vue du lotissement communal des Ajoncs, destiné à la construction de quatre logements économiques et familiaux, la commune de La-Teste achète, à M. Lignon Président de la société Foncière et Immobilière du Littoral et de Pyla-sur-Mer. 3000 m², à 300 francs le mètre carré.

En juillet 1958, la commune est autorisée à revendre les 4 lots Parcelles du lotissement des « Pins de la Famille », aujourd’hui 21, 23, 24 et 26, avenue des Ajoncs, attribuées à : 0 lot n° 71 (626 m²) à Mlle Émilienne Éliane Nogues, née à Bordeaux le 8 février 1914, employée des Postes, Télégraphes et Téléphones, demeurant villa « Les Acanthes » à Pyla-sur-Mer ; 0 lot n° 77 (603 m²), à M. Henri Paul, charbonnier, né à Arcachon le 16 octobre 1919, et Mme Jacqueline Bernier, née à Sillars (Vienne), le 12 septembre 1929, demeurant 7 boulevard de l’Océan à Pyla-sur-Mer [construction d’un logement économique et familial type F4 Atlantique 40-135] ; 0 lot n° 79 (676 m²) à M. Georges Gabriel Gaston Gracieux, né à Ruffec, Charente, le 24 mars 1913, et Mme Édith Bevin, née à Condac (Charente), le 28 septembre 1917, demeurant villa « Giclada » à Pyla-sur-Mer ; 0 lot n° 80 (657 m²) à M. André Marc Montaucet, plâtrier, né à Bordeaux le 21 mars 1912, et Mme Agnès Gaudin, née à Bourdelles (Gironde) le 20 janvier 1914, demeurant 73 boulevard de l’Océan à Pyla-sur-Mer. avant même l’aménagement du tronçon de l’avenue des Ajoncs desservant les dites parcelles. L’aménagement est à la charge de la commune, mais, période estivale oblige, l’engagement est pris de les exécuter au plus tard courant octobre 1958.

La deuxième tranche du lotissement des « Pins de la Famille », qui concerne 22 960 m² dont 4 050 m² d’espaces libres, est approuvée par arrêté préfectoral 22 mars 1960 ; l’autorisation de vendre est donnée le 28 novembre 1960.

Jean Lignon agissant en qualité de PDG de la société anonyme, dite Foncière et Immobilière du Littoral et de Pyla-sur-Mer, présente la 3e tranche Faisant suite au lotissement des Ajoncs, elle concerne 3 ha 23 a 50 ca, dont 62 a 40 pour les espaces libres ; il confronte du nord à la Sté Immobilière de l’Ermitage, au sud et est à la 1e tranche, à l’ouest à la 2e tranche. qui est approuvée le 14 juin 1963.

L’incorporation de la voirie se fait en 1970.

En 1991, sous le titre « Les Pins de la Famille 2 », M. Lignon, Pdg de la société anonyme dite Foncière et Immobilière du Littoral et de Pyla-sur-Mer, reprend le dossier autorisé en 1937.

Ce projet concerne 6 lots cadastrés BI 515, sur 8 980 m², situés boulevard Louis Lignon. L’arrêté de lotir est donné le 3 octobre 1991.

Le blockhaus sur le lot n° 4 peut être intégré dans l’habitation.

Le 10 juillet 1998, autorisation municipale de lotir le projet d’extension du lotissement Il concerne 4 849 m² situés boulevard Louis Lignon et avenue de la Croule, cadastrés BS 447 et BI 529/576/496. « Les Pins de la Famille » présenté par la Société Foncière et Immobilière du Littoral et de Pyla-sur-Mer représentée par M. de Montmège.

 Les commerces arcachonnais au secours de Pyla-sur-Mer

Selon l’article 8 du cahier des charges du lotissement de Pyla-sur-Mer, pendant un délai de 25 ans, à compter du 1er juillet 1917, il ne pourra être édifié ou exploité, sur les terrains vendus, aucun établissement public ni établissement industriel ou commercial sans le consentement de la société venderesse.

Or, Pyla-sur-Mer est isolé de La-Teste…

Transports & Livraisons

À compter du 15 juillet 1926, la pâtisserie Foulon établit un service journalier de livraison à domicile (départ d’Arcachon à 11 h 30). On est prié de passer commande la veille. Fin juillet, la non distribution du pain à Pyla-sur-Mer ne dure que 48 heures, la préfecture de la Gironde ayant autorisé les boulangers d’Arcachon à délivrer le pain aux tarifs d’Arcachon L’Avenir d’Arcachon du 8 août 1926..

Par les chemins de sable et de bruyère s’avance en cahotant la carriole du boulanger avec son chargement de miches. Seule, elle rompt le grand silence de la lande, coupé, d’autres fois, par le passage de la brise atlantique imprégnée de sel Choses de Province, Sur le bassin d’Arcachon, Paul Courteault, Journal des débats politiques et littéraires, du 17 août 1926..

Enfin ! Les habitants du Moulleau, des Abatilles et du Pyla ne sont plus, en tant que spectacles, les parents pauvres d’Arcachon-ville : en effet, à partir du 28 mars 1927, M. Gaston Brisson, du Grand Garage, agent des automobiles Renault décide qu’un omnibus attend le soir, à la sortie du Théâtre municipal et du Casino, les spectateurs habitants le Moulleau, le Pyla ou les Abatilles pour les conduire à destination moyennant 5 francs par personne. On prend les billets d’omnibus en même temps que les billets de spectacle. L’omnibus part du Grand Hôtel du Moulleau à 20 h 1/4, et le prix est fixé à 9 francs par personne. Avertir par téléphone au n° 5.78 D’après L’Avenir d’Arcachon du 27 mars 1927..

S’ajoutant au service précédent, en 1930, pour répondre à la demande qui lui a été faite, la S.T.A.M. met en circulation, à titre d’essai et le dimanche seulement, un autobus pour le Pyla quittant la gare vers 18 h 30. Ce service étant destiné au public des cinémas, la voiture attend la fin des spectacles. Ce service ne sera maintenu que si la voiture est suffisamment fréquentée. En conséquence un pressant appel est adressé aux intéressés D’après L’Avenir d’Arcachon du 14 décembre 1930..

 

En 1928, un nouveau service de livraison pharmaceutique, moderne et rapide, est assuré par une superbe Moto Terrot 330 cc qui a donné, aux essais, pleines satisfactions  L’Avenir d’Arcachon du 24 juin 1928..

Monsieur Pierre Dupuy-Parrot est nommé correspondant des Chemins de fer du Midi pour le service des voyageurs, colis postaux et messageries d’Arcachon à Pyla. Le service a commencé le 10 mars 1928 D’après L’Avenir d’Arcachon du 11 mars 1928..

Fin 1930, la livraison automobile rapide se fait pour Arcachon, Aiguillon, Abatilles, Moulleau et Pyla-sur-Mer ; un service d’autocars de la Compagnie du Midi est assuré à tous les trains, au nombre de 28  D’après L’Avenir d’Arcachon du 9 novembre 1930..

 La grande vogue

Pyla-sur-Mer devient à la mode ; dès 1924, on y voit les Monbrison, Dreyfus, Blumenthal L’Avenir d’Arcachon du 17 août 1924..

Séduits par le site majestueux et tranquille de cet amphithéâtre paisible et ouvert sur l’Atlantique, les Rothschild ou les Polignac font bâtir des villas somptueuses de simplicité ; ils entraînent avec eux, au hasard des étés, la couturière Jane Lanvin, la famille Dupuy, propriétaire du « Petit Parisien », le TF1 de l’époque, ou des stars célèbres. Parmi elles, Pierre Fresnay, Yvonne Printemps viennent souvent roucouler ici.

La belle Marcelle Chantal (Mme Jefferson Cohn), dans sa « Bohème », rêve aux  personnages qu’elle incarne  dans une vingtaine de films à succès.

Appuyé par une habile publicité, c’est la grande vogue.

L’Avenir d’Arcachon du 9 janvier 1927 signale les villas de M. Gheusi, le banquier parisien bien connu, du Comte de Féraudy, de Mme Heuzey, née Potin Labbé-Potin, (1882-1955) x Charles Eugène Heuzey (1876-1938), député de Château-Chinon de 1910 à 1914. En juillet 1915, Charles Heuzey est nommé adjoint au maire du 16e arrondissement de Paris. Mais il quitte la vie politique. En 1922, il apparaît comme vice-président de la Société d’études marocaines pour le commerce, l’agriculture et les mines, liée au groupe Hersent, et administrateur de la Financière des colonies (Rivaud) et de la Banque nationale française du commerce extérieur. L’année suivante, il est victime d’un ferrailleur parisien à qui il avait confié 320 000 francs pour acheter des barres d’acier aux surplus militaires. En 1926, il démissionne de la Banque nationale française du commerce extérieur. (Les maîtres de la France. Les intérêts coloniaux en Algérie et en Tunisie, Augustin Hamon, 1938.).

En 1929, les villas sont habitées par le monde le plus élégant. M. Droin ; Mme Goldet (née Henriette Deutsch de la Meurthe Fille de l’industriel possédant la société des Pétroles Jupiter (raffinerie de Pauillac) en 1922, puis Shell.), le Comte du Vivier ; M. Achille Fould ; les barons James et Philippe de Rothschild ; Mme Dupuy (Petit Parisien) ; M. Chiappe (villa de M. Fort) ; Mme Khon ; Baron Fabvier ; Mme Lina Mouton ; M. Exshaw ; M. Johnston ; M. Canton ; Baronnet Rex Moxey ; M. Gaumont ; M. de Sainte-Croix ; Mlle Andrieux ; M. Grzybowski ; M. Guignan ; etc.

En août 1930, aux précédents, s’y ajoutent, parmi les propriétaires ou locataires des somptueuses villas, le baron D. de Rothschild, M. Hennessy, Mme et M. Monnot installés depuis peu à la Chaumine, et M. Voisembert.

En 1931, parmi les trois cents villas, situées sur les terrains de la Société de Pyla-sur-Mer, qui s’élèvent dans ce cadre magique, aux précédents nommés s’ajoutent Harry Johnston, Lanvin, Comte de Lenclos, etc.

Le prince Achille Murat, prétend alors qu’Arcachon, ou mieux Pilat, est vraiment la perle de la Côte d’Argent L’Avenir d’Arcachon des 8 septembre 1929, 24 août et 5 octobre 1930, 18 janvier & 19 avril 1931..

Certaines nuits, encore aujourd’hui, dans les scintillements du Bassin, on voit très nettement s’allumer l’écran où dansent, en noir et blanc, les silhouettes éternellement jeunes d’Annabella que courtisent Jean Murat puis Tyrone Power 150e anniversaire d’Arcachon – Alerte au sud ! Jean Dubroca, Chronique sur Radio Côte d’Argent..

Le 26 décembre 1930, une correspondante, décrivant les stations du Moulleau et de Pyla, dit que les villas sont toutes neuves. Chacune contient plusieurs centaines de jolies villas de tous genres. Il y a tout de même pas mal de gens qui ne sont pas dans la mouise.

En 1932, on voit un certain nombre de baigneurs quitter Arcachon pour Pyla-sur-Mer ; pour dire vrai, une foule considérable se répand sur toutes les plages, depuis celles de l’Aiguillon et d’Eyrac, quartiers démocratiques, jusqu’à Pyla-sur-Mer et Pilat-Plage où résident des millionnaires L’Avenir d’Arcachon du 14 août 1932..

Cela n’empêche, en mai 1932, de voir l’action de La Foncière et Immobilière Pyla-sur-Mer, classée hors-cote, être vainement offerte à 700 contre 1 195, dernier cours remontant au mois de juin 1931 Journal des finances du 13 mai 1932..

Louis Léon-Martin, nous conte, en 1932, que pour, vivre réellement en forêt, il faut aller plus loin. Il faut aller au Pyla, où la pinède est baignée par la mer et où des gens de goût, réunis précisément par leur goût, demeurent en des villas naturellement délicieuses parce qu’elles se sont fidèlement soumises au style régional. Quel architecte vaudra jamais une tradition locale ?

Et à quoi aboutit… et s’arrête l’effort individuel en présence de l’apport des temps et de la sélection collective qui survit aux années ? J’ai admiré les grandes demeures blanchies à la chaux et qu’étayent les poutres d’un brun noir. Nulle n’est pareille à la voisine et toutes, cependant, se ressemblent. J’ai lu le guide qui, sans extase et comme avec condescendance, accorde quelque chance au développement de Pyla-sur-Mer. Les guides ont le grand tort de ne pas être rédigés par des poètes. Pyla-sur-Mer, en saisissant accord avec son cadre, en sentimental écho avec le pays où il s’édifie, Pyla sera, dans quelques années, la perle d’Arcachon Le petit Parisien du 6 septembre 1932..

En 1933, changement de ton, Maurice Lanoire trouve que le Pyla est composé de maisons basques – transplantées avec leurs noms indigènes comme on transplante avec leurs moindres racines les plantes rares – de villas normandes ou provençales, de bars et de tintamarres américains, de tout ce vague je ne sais quoi qui n’a de nom dans aucune langue mais sert partout de divertissement aux automobilistes riches, brutaux et fatigués.

En attendant que les dunes quasi inviolées de mon enfance où l’on allait à cheval voir le soleil levant consumer l’immense paysage dans son étreinte de feu, s’affublent d’un casino des sables, des routes s’allongent de toutes parts, créant des points de vue, standardisant la beauté.

Bientôt une autostrade reliera Biarritz à Pyla et achèvera de faire de la Côte d’Argent un énorme ensemble parfaitement agencé et interchangeable où l’on trouvera partout les mêmes « Réserves », « Restaurations », « Bars basques » et « Etches » de toute espèce.

Pyla ne sera plus Pyla ; il se sera défait comme se défont, suivant la remarque mélancolique de Chateaubriand dans les Mémoires d’outre-tombe, tous les cercles d’êtres, les organismes familiaux et sociaux Un petit monde défait, Maurice Lanoire, La Revue hebdomadaire, 2 septembre 1933. Maurice Lanoire 1881-1979 est professeur de langue anglaise à la Faculté des Lettres de l’Institut Catholique..

En 1934, une « réclame » vante les terrains : Les plus beaux – Les moins cher – accorde de grandes facilités de paiement L’Avenir d’Arcachon du 7 septembre 1934..

Qu’on se le dise !

N’en déplaise à ces Messieurs les agents de location, c’est véritablement un bon nettoyage que celui qui vient d’être décidé et qui consiste à la destruction de ces écriteaux hideux qui ornent les plus beaux chalets d’Arcachon, du Moulleau et du Pyla.

Arcachon, les Abatilles, le Moulleau, le Pyla vont être débarrassés de ces placards multicolores qui nuisent à l’esthétique et sont un fâcheux repoussoir aux genêts fleuris de la forêt, aux fleurs des jardins, qui seront désormais la seule parure digne de notre cité L’Avenir d’Arcachon des 4 et 11 mai 1934..

L’amour des fleurs est fort répandu dans la région Bordelaise et l’art des jardins y est florissant, ce que nous avons pu constater de visu par une visite faite au Pyla-sur-Mer de quelques aménagements ou créations de jardins qui peu à peu achèveront l’embellissement de cette station balnéaire dont le plan d’ensemble, œuvre de M. l’architecte de jardins Ferdinand Duprat, a été prévu avec des dénivellations assez importantes pour que la vue de chaque villa ne soit point barrée par celle d’une autre se trouvant au-dessous.

Sitôt l’ère de prospérité revenue, cette station est appelée au plus brillant avenir et sera une source de bénéfices pour horticulteurs et paysagistes Exposition de Bordeaux, M. Barat, Annales de la Société d’horticulture de la Haute-Garonne, publication trimestrielle (avril, mai, juin, juillet 1939)..

Le 12 avril 1955, Madame Veuve Roger Kohn adresse un courrier à Monsieur le Maire de La-Teste :

Monsieur le Maire,

Je tiens à porter à votre connaissance que malgré pétitions et protestations et malgré vos engagements, l’état de 1’accès à la plage de l’Avenue Jean-Mermoz à Pyla-sur-Mer est exactement le même qu’au début de la saison 1954 : les détritus déposés par les pique-niqueurs, cartons, papiers sales et gras, boites de conserves etc. dont nous avons honte pour nous-mêmes autant que pour les visiteurs étrangers et nombreux.

L’escalier n’a pas encore été remplacé.

Marie de Régnier nous dit : J’aimais beaucoup ce pays, surtout avant le Pyla, la réussite de cet endroit nouveau a pour moi abîmé la forêt qui était si belle dès le Moulleau avec sa dune et ses chemins chevaleresques Marie de Régnier, 1959 (Pyla-sur-Mer, Jacques Clémens, 2006)..

 Le cordon ombilical

Le bourg de La-Teste est relié à la maison forestière du Figuier par le chemin muletier, dit « de Brémontier ».

Un projet de liaison entre La-Teste et le Pilat est envisagé dès les années 1870. Son tracé n’est pas en terrain plat comme celui du chemin côtier, il chevauche des dunes, certaines fort élevées comme la dune de Pissens, qui constitue un obstacle sérieux étant donné les moyens mécaniques de l’époque, ce qui fait dire au conseiller municipal rapporteur du projet qu’elle se dresse « comme un ogre affamé des finances de la commune ».

En 1896, La-Teste veut faire une route allant au Moulleau et au Pilat : la question est discutée ; elle en reste là.

Il y a un autre grand projet : une route partant de le Teste, traverserait la forêt usagère, passerait aux Gramuges, et irait aboutir sur le littoral, entre le Sémaphore et la Salie. L’avantage de ce plan, serait l’exploitation facile des bois de l’État qui, sur la côte, sont à une grande distance de tout centre de transport. On propose pour couvrir la dépense de construction, qui naturellement serait très élevée, l’abandon par l’État de vastes terrains sur le rivage de l’Océan, dont le morcellement en vue d’une station balnéaire en face du large, couvrirait et au-delà, les frais de construction de la route L’Avenir d’Arcachon du 30 août 1896..

En 1901, La-Teste vient de prendre une très louable initiative : un chemin rural partant de l’église avec la maison forestière du Figuier pour terminus, et plus tard le Pilat. Sa longueur serait d’environ 4 kilomètres ; sa largeur de 12 à 20 mètres, mais au début avec seulement 5 mètres de chaussée empierrée. Le coût est évalué à une centaine de mille francs.

Ce chemin partant donc de l’église et de l’ancien cimetière, longerait le cippe Brémontier, et traversant les bois de Mme Vignole, de MM. Castéra, Lesca et famille, et de M. Léon Lesca, aboutirait à l’allée St-François-Xavier à Moulleau, c’est-à-dire dans la commune d’Arcachon, ou bifurquerait sur la maison forestière du Figuier qui n’est qu’à 850 mètres de la limite d’Arcachon. Dans ce parcours, il franchit la Craste Douce qui est un ruisseau et nécessite l’abaissement d’une petite dune appelée l’Eschine de l’Ayne, et de la haute dune de Pissens.

En effet, après avoir contourné le cippe Brémontier, le chemin ne présente jusqu’à la dune de Pissens que des déblais et remblais de moyenne importance. Là, il devra dévier vers le nord pour franchir par une pente de 0,04 m par mètre cette dune, puis du sommet arriver directement à Moulleau Correspond au chemin rural n° 15..

Si Arcachon ne concourt pas pour une somme importante à l’établissement de cette voie, il est très possible que La-Teste l’exécute toute seule, suivant son premier tracé, qui est directement aligné sur le Pilat, sans tenir compte de Moulleau.

Le vendredi 13 décembre 1901, les maires de La-Teste et d’Arcachon se réunissent pour étudier l’établissement d’une voie intercommunale en forêt. MM. Lutzy a tout d’abord signalé les bruits tendancieux, mis en circulation à Arcachon et émanant d’une des séances de la Commission, qui représentaient la commune de La-Teste comme ne pouvant pas financièrement coopérer à la création de cette voie et reprochaient au maire d’imposer son opinion personnelle. Jamais la situation financière de La-Teste n’a été si prospère, puisqu’elle est en mesure de rembourser tous ses emprunts antérieurs. Quant à lui, ajoute-t-il, il a eu au moins le mérite de prendre l’initiative de cette création, il y a six ans, et n’a cessé d’en poursuivre la réalisation malgré tous les obstacles.

Il propose que les dépenses générales de la voie à construire, avec 20 mètres de large, soient supportées par moitié entre les deux communes qui ont des intérêts égaux à sa création. Cette proposition appuyée par M. le Maire d’Arcachon, est adoptée à l’unanimité. Le chemin aboutira à la mer, dans Moulleau, par l’allée St-François-Xavier ; il aura un embranchement facultatif, aux frais de La-Teste, sur le Pilat. Son point d’amorce initial sera l’église de La-Teste. Le tout sera soumis à la ratification des conseils municipaux respectifs des deux communes D’après L’Avenir d’Arcachon des 1er & 22 décembre 1901..

Comme les précédents, ce projet reste dans les cartons.

Même avec le concours spécieux de la moitié de la dépense offerte par Arcachon, une route de La-Teste, aboutissant directement à Moulleau, soulève parmi la population testerine de très nombreuses protestations. Construite ainsi, cette route aurait au moins l’apparence d’être établie au profit seulement d’Arcachon-Moulleau, et c’est La-Teste qui, en réalité, y contribuerait pour une moitié. D’autre part, n’y verrait-on pas comme le désir de favoriser plutôt quelques propriétés particulières en surenchérissant, de beaucoup, leur valeur ? Sans aucun doute, il faut nécessairement, par la nouvelle route, desservir Moulleau, mais par un embranchement et non directement.

Tracée de la manière suivante, la nouvelle voie répondrait à tous les besoins généraux – les seuls à envisager – des communes de La-Teste et d’Arcachon-Moulleau dont les visées sont forcément identiques, souvent solidaires, parfois latérales. Partant du centre de la ville de La-Teste (place de La Mairie ou de l’Église) la nouvelle route devrait, par les voies les plus droites et les plus économiques, aboutir directement à la plage du Pilat, près du figuier légendaire. Mais il y aurait forcément lieu, pour Moulleau, de se rallier à la route projetée par une ligne formant angle droit avec elle.

La-Teste détournerait ainsi, en faveur de ses plages de l’Océan, le grand mouvement d’étrangers qui vont à Biarritz et à Royan chercher cette mer captivante que ni Arcachon, ni Moulleau ne peuvent, hélas ! leur donner.

La-Teste pourrait également, par les ressources que fournirait l’octroi, y trouver une récupération suffisante aux sacrifices financiers que lui imposerait la station du Pilat, où déjà, prodromes encourageants de la future Jérusalem, de belles villas out été édifiées. Quant à Arcachon et à Moulleau, les quatre cent mille étrangers qui les fréquentent annuellement, pourraient enfin, par l’embranchement proposé, s’émanciper, soit à travers les magnifiques collines boisées conduisant à La-Teste, et de là à Cazeaux-Lac, soit vers les splendides plages du grand océan L’Avenir d’Arcachon du 28 septembre 1902..

En 1912, le projet renaît de ses cendres avec l’annonce du lotissement de l’Éden de la Côte d’Argent. Il est demandé une concession pour un tramway à traction animale sur le chemin vicinal ordinaire n° 12 entre l’église et la dune de Pissens.

En 1916, Daniel Meller
élabore le projet de tramway à traction animale puis électrique pour amener les matériaux pour construire la route. Il sera même envisagé du prolongement de la voie ferrée Bordeaux-Arcachon jusqu’à Pyla-sur-Mer après avoir acquis l’assurance que le programme d’aménagement complet de Pyla-sur-Mer sera réalisé.

Le tramway est concédé en séance du Conseil municipal du 13 juin 1920, concession remise en question lors de la séance du 12 novembre 1921.

Le projet n’aboutit pas.

Le temps passe ; Pyla-sur-Mer n’est toujours pas relié au centre de La-Teste. Son accès par Arcachon laisse à désirer.

Le 13 février 1925, l’idée d’une route reliant Pyla-sur-Mer à La-Teste est présentée par la Société Immobilière de Pyla-sur-Mer. L’intention de passer par la Craste Douce est rejetée par les riverains ; c’est le tracé du chemin du Bris qui est finalement retenu. Le Conseil municipal décide que l’agent-voyer établira un avant-projet.

Le 6 mars 1926, le projet de tracé du service vicinal est adopté.

Le 5 octobre 1926, le Conseil municipal décide, pour aller plus vite, d’avancer les sommes nécessaires à la réalisation complète du projet à condition que le Département et l’État prennent l’engagement de verser eux-mêmes, aux époques fixées, les allocations qui seront attribuées à la commune.

Le 2 février 1927, Daniel Meller demande, au Conseil général, l’inscription du projet au programme des travaux subventionnés de 1928. Il créera les ressources extraordinaires nécessaires pour couvrir la part qui est à sa charge. Le 6 avril, il décide la réalisation de la route en une seule fois, en faisant, à ses risques et périls, l’avance des subventions qui doivent lui être accordées.

L’enquête de commodo et incommodo est ouverte le 9 juin 1927. Le tracé au départ de La-Teste soulève de nombreuses et vives réclamations, mais le Conseil municipal estime qu’il n’y a pas lieu de modifier le projet.

Quelques artistes, dont Mlle Carme, fille du grand peintre bordelais, ont voulu fixer par le pinceau la vision dernière de l’église de La-Teste, entourée de son vieux cimetière. On sait en effet qu’on déménage les morts pour créer la route de Pyla à La-Teste. Le vieux cimetière de La-Teste, qu’entourent les pierres du château fort des célèbres captaux, contenait la tombe d’un ancien berger décédé à 99 ans. Sur la croix vermoulue de sa fosse on pouvait lire. « Un ange de plus au ciel ! » L’Avenir d’Arcachon du 23 octobre 1927.

Le 5 juin 1928, la commission du Pyla du Conseil municipal examine le projet en urgence : la nouvelle voie aura son origine près de l’église de La-Teste pour se terminer au rond-point du Figuier ; elle mesurera 4 952 m 57 et prendra le nom de chemin vicinal ordinaire n° 59. Elle empruntera successivement les chemins V. O. n° 24 (de l’église au lavoir) et n° 26 (du lavoir à la forêt) dont le déclassement partiel doit être demandé. La route passera devant la ferme des Camélias de Mme Lacombe et non pas devant les maraîchers dont nous avons si souvent accueilli les doléances.

Gabriel Maydieu Gabriel Maydieu est directeur des établissements P. Maydieu (produits résineux, vins), créés en 1797. a acheté plusieurs hectares de forêt le long de la route. Son intention est d’établir un embranchement qui ira à la source (des Abatilles) par la forêt de M. Gaston Pagès, à l’endroit où se trouve la cabane appelée Tombouctou Au voisinage de l’église Saint-Louis des Abatilles. la modeste habitation du résinier Morin (ou Maurin), une baraque en planches devant laquelle est un jardin potager clôturé par une barrière rustique D’après L’Avenir d’Arcachon, 24 juin 1928..

La Société Immobilière de Pyla-sur-Mer n’a à sa charge que 1 200 mètres de route à partir de la place Meller, mais doit faire abandon du sol – et des arbres Délibérations du Conseil municipal de La Teste-de-Buch, des 29 mars et 5 juin 1928. – sur le restant du tracé ; la commune est maître d’œuvre de l’ensemble, la Société Immobilière versant la somme qu’elle aurait dû payer si elle avait fait construire elle-même.

Le total de la dépense s’élève à 1 241 200 francs, et la participation « en argent » de la Société Immobilière de Pyla-sur-Mer à 132 000 francs, soit environ le dixième du total.

En 1930, Daniel Meller cède Pyla-sur-Mer à la ville de La-Teste et le maire, Pierre Dignac, établit la route de La-Teste au Pyla.

J’étais ces jours-ci avec un ami, très versé sur les questions administratives, sur cette ravissante route de La-Teste à Pyla qu’on s’entête à ne pas ouvrir au public. […] Il est évident qu’avec son passage à niveau, notre ami Dignac devra songer à confier la direction de son hôpital à un chirurgien éminent. Il pourra également agrandir la morgue municipale. […]

Croyez-vous que cette route soit digne de cette station de Pyla qui est tombée toute faite du ciel, comme ces légendaires cailles rôties, et dont la commune de La-Teste ne s’occupe pas plus que du plus petit lopin de ses trop vastes propriétés communales. Est-ce que cette route ne devrait pas avoir une allée pour les cavaliers (aujourd’hui, c’est une piste cyclable qui est demandée).

Pourquoi faut-il, que dans ce pays qui prospère, sans réclame, mais par la seule magie de sa beauté et de son climat, ceux qui ont mission de l’améliorer et de l’embellir retombent dans les errements du passé en faisant des routes étroites et par conséquent dangereuses qui ne peuvent profiter qu’aux chirurgiens, aux ambulanciers et aux pompes funèbres Article de Guy de Pierrefeux, L’Avenir d’Arcachon du 12 octobre 1930..

Les étrangers qui voient les nouvelles routes de Pyla à La-Teste, l’élargissement de presque toutes les voies d’Arcachon, penseront que loin d’être en décadence, notre ville est en progrès.

L’excursion à pied, de cette voie en construction, est proposée par la presse locale qui évoque son caractère bucolique : On trouvera en abondance des muguets dans les ravins qui bordent la jolie route de Pyla à La-Teste… Promenez-vous le long des prairies émaillées de fleurs champêtres et des crastes-douces d’où émergent les tiges jaunes des iris. Vous passerez devant la jolie ferme des Camélias et vous irez ensuite vous asseoir à l’ombre des grands pins, près du monument élevé sur la dune à la mémoire de Brémontier L’Avenir d’Arcachon, 18 & 25 mai1930, & 19 juillet 1931..

Apparaît une pétition, en mai 1931 (lotissement Les Pins de la Famille) : Les soussignés Signataires : L. Lafarge, Canalde, J. Dabrin, Labeyrie, Labarsouque, Mallié, Dubernet, Carnus, Seguin, Lassié, Cherbonnier père et fils, Doriac, Vve Brunel, Kellemer, J. Boisot, Mongruer, Pérez, Boudigues, Pomade, Dulas, Rambaud et plusieurs autres noms illisibles., propriétaires, gemmeurs, transporteurs de bois, habitants de l’Éden – de la Côte d’Argent -, viennent solliciter… que sur le plan de lotissement de la Société de Pyla-sur-Mer soit prévue une large voie d’accès pour remplacer les deux chemins trentenaires dits « chemins d’en bas » qui longeaient la dune de Pissens et qui sont bloqués par le remblai qui a été exécuté au pied de cette dune (sur son versant est) pour la construction de la route La-Teste-Pyla

La dite voie est indispensable à l’exploitation des bois, résines et à la libre circulation des habitants de l’Éden et empêcherait tout conflit se rapportant aux droits d’enclave…

Un croquis est joint à la demande.

 

La route est inaugurée En bas à gauche de la photo, le « MOI » est René Prat. le dimanche 13 septembre 1931 par Pierre Dignac, sous-secrétaire d’État à la Marine et maire de La-Teste, en présence du préfet Bouffard, des adjoints et de membres des Conseils municipaux de La-Teste et d’Arcachon. L’Harmonie municipale et la société d’éducation physique de La-Teste, renforcées d’éléments arcachonnais, la Clique du Camp de Cazaux, deux sociétés de gymnastique d’Arcachon « Tout pour la Patrie » et « Les Enfants d’Arcachon », et « Les Coquelicots » de La-Teste, l’Aviron arcachonnais participent à la cérémonie.

Les festivités se déroulent place Daniel-Meller. La bienvenue est souhaitée par M. Meller au nom de la Société Immobilière, et par M. Charles Bolognini au nom du Syndicat d’initiative. Le banquet traditionnel, servi sous une tente par la maison Chezeau de Bordeaux, réunit une centaine de convives dont M. Bon, Conseiller général, MM. Bézian et Bourdier, Conseillers d’arrondissement et M. Gounouilhou, Maire d’Arcachon. Messieurs Bolognini et Dignac prennent successivement la parole et M. François Capgras, curé doyen de La-Teste, lève sa coupe à l’édification du futur clocher de Pyla-sur-Mer.

L’après-midi, concert, épreuves de gymnastique, courses de pinasses et de bateaux de plaisance égayent la fête qui se termine par un grand bal, à 21 heures Pages d’Histoire locale, Jacques Ragot..

Nous ne pouvons que rendre hommage à l’actif Commissaire de Police d’Arcachon, qui a su si bien régler la circulation de la ville, et cela malgré les plus grandes difficultés. Mais la circulation doit être aussi bien réglée en dehors de la ville : nous voulons parler ici de la route La-Teste-le Pyla, sur laquelle se produisent trop d’accidents.

Nous pensons que le Conseil municipal prendra l’année prochaine des mesures très sévères pour réfréner les folies des chauffeurs jeunes ou inexpérimentés qui doublent, marchent à une allure excessive, et affichent un mépris trop complet du Code de la Route. Il faudrait faire des règlements sévères pour empêcher ces accidents qui non seulement embouteillent, mais jettent encore un voile de deuil là où il ne devrait y avoir que joie et gaîté L’Avenir d’Arcachon du 9 octobre 1932..

Transports et Structuration du Pyla

CH 7

INDEX

Ch.8 Pyla-sur-Mer, ce n’est plus…
comme avant !

Premier tome : La ville sous les pins, origines et développement
Un livre de Raphaël Vialard (publication limitée – commande par souscription)
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Le Pilat plage

CH 9

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